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Baz'Art Virtuel

L’immense abandon des plages

Julie Ledoux
18 avril 2009

Les récits du deuil. On en a entendu parler. On en a lu. On a aimé ou détesté. Qui viendra nous expliquer comment vivre un deuil? On a lu Catherine Mavrikakis, Le ciel de Bay City ou un autre. Et on est tombé sur le cul.

Cette fois-ci, Mylène Durand relève le défi à son tour avec son roman L’immense abandon des plages. Publié aux Éditions de la Pleine Lune, le roman de Durand allie une sensibilité difficile à supporter et une froideur qui tempère le tout. Une correspondance entre deux soeurs, éloignées par le deuil de leur mère dont la mort (Accident? Suicide?) les a affectées au point qu’elles ne savent plus comment agir entre elles, avec les autres membres de leur famille, avec les résidents des îles (Îles de la Madeleine, méconnaissables). La correspondance entre Claire (viscérale, intime) et Élisabeth (prisonnière d’elle même) nous transporte de Montréal, aux îles, en passant par Québec, compromis entre les deux extrêmes. 

L’écriture poétique de Mylène Durand nous permet d’apprécier la beauté des îles, leur caractère meurtrier que l’auteur met de l’avant. Le vent, la mer, les falaises, la terre rouge, l’isolement des îles, le froid intense, la pluie violente, rien n’échappe à la plume de Durand et les îles ensoleillées qu’on souhaite nous vendre pour les vacances d’été se retrouvent à des années-lumières des scènes madelinotes décrites dans L’immense abandon des plages.

On reproche souvent aux nouveaux auteurs de vouloir trop en faire dans leur premier ouvrage. Quelques écueils négligeables pour Durand qui s’effacent rapidement derrière une écriture affirmée et bien définie. Attention à la brève comparaison avec la Petite Sirène. Il ne faudrait pas en faire trop…

L’immense abandon des plages mérite le détour et nous invite à comprendre tant le deuil que l’isolement, tant l’exil que le retour en terre natale. À découvrir.

Le roman est disponible, entre autres, à la librairie L’écume des jours, rue Saint-Viateur, à Montréal.

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