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Baz'Art Virtuel

Des critiques? En veux-tu? En v’là!

Julie Ledoux
20 août 2009

Je me dis que je demande des disques et je ne les critique même pas. VOYONS DONC.

Après, je jure que je me remets aux arts visuels.

EatsDarkness

APOSTLE OF HUSTLE, «Eats Darkness»

Tentative de nous entraîner vers quelque chose de très noir, d’où le titre de l’album. Pourtant, les rythmes restent plutôt accessibles et enjoués. «Sign» tente une approche plus guerrière, incorporant des extraits radios (de films?), et mettant de l’avant une ambiance dramatique d’état d’alerte. Il s’agit bien d’une des rares à suivre ce modèle. «Easy speaks», pièce aux rythmes indiens ne laisse pas entrevoir la noirceur souhaitée par le groupe. Les intermèdes («Snakes», «Sign», «What are you talking about?», etc.) constituent franchement les incartades les plus proches du concept «Eats Darkness» mis de l’avant par le groupe. Un peu décevant mais sympathique. Une belle ambiance, relativement confortable, pour Apostle of Hustle. Mention honorable à la pièce titre qui m’a permis d’apprécier un peu plus cet album incertain.

countryclub.jpeg

JOHN DOE AND THE SADIES, «Country Club»

Pas convaincant du tout. Et pourtant, je suis en plein dans ma phase country (en fait, elle se poursuit depuis plusieurs mois déjà). On s’attend à un album beaucoup plus étoffé de la part des Sadies. On a affaire à un album de chansons relativement «cheapettes», un assemblage de chansons que j’aurais probablement mieux appréciées au «Jack Chili Grill» en plein coeur d’Alice Springs, Australian Desert Style. Mais non, malheureusement, non. Qu’est-ce qu’il me veut, John Doe? Voyons! Les Sadies perdent toute leur crédibilité rock. On se retrouve avec un album sans âme, une pâle copie de ce que peuvent faire les gars des Sadies. Bien que John Doe aborde l’album avec son propre style (très Nashville), on ne retrouve rien de ce qui permettrait à ce disque country de se différencier d’un autre (une signature propre, des textes adaptés et sentis, un élan de fougue à la Avec pas d’casque… bon, je les aime eux, c’est vrai. Mais on voit ce que je veux dire.). Donnons-leur tout de même «The Night Life» qui me ferait clairement pleurer s’il était l’heure du last-call, dans un bar de région, et que j’avais bu mon poids en rhum brun. Un country efficace mais qui ne révolutionnera pas grand chose dans le monde de Renée Martel.

elephantine

ÉLÉPHANTINE, «Le Bonheur en 3D»

J’ai un peu l’impression d’être dans un film de Mariloup Wolfe. Est-ce le fait que Manolo, frère de Marianne (Mariloup Wolfe dans Ram Dam) est Maxime Desbiens-Tremblay, chanteur du groupe? Mariloup aurait don’dû utiliser quelques chansons de cet album pour son film «Les pieds dans le vide». Ça m’aurait permis de respecter un peu plus son chum (Lemay-Thivierge, dans son propre rôle… ou presque) grâce à son (faux) frère de Ram Dam. On sent l’influence d’un Yann Perreau ou d’un groupe comme Karkwa, dans les textes et musique d’Éléphantine, moins le génie poétique, moins le talent de chef d’orchestre d’Alex McMahon ou François Lafontaine. Mais ils sont jeunes, ils sauront faire leur place. Quoique… vraiment? Y a-t-il quelque chose qui leur permette de se démarquer en ce moment précis, sur la scène locale surchargée que nous avons au Québec? Dur à dire. C’est bien ficelé, simple. Mais rien ne vient nous chercher dans cet album, plutôt linéaire, un peu trop «chronique de la vie ordinaire» («Une clope, un café»… essaye pas, Maxime, t’as pas une tête à fumer). Oh non! Et le refrain en anglais sur «Debout dans la file»!! Hélala, ça devrait être interdit ce genre de choses. Banni. Fais-la toute en anglais ta toune, tant qu’à ça. Une presque-mention-honorable à «Je n’existe qu’en marchant». Presque.

Photo: Sophie Samson

MaiTaiOrchestra

LE MAÏ TAÏ ORCHESTRA, «I found my Wahine»

Certainement ma découverte de l’été! Je me suis vraiment amusée à écouter cet album, vraiment concept Tahiti-Hawaï-pis-toute-les-îles-finissant-en-i. J’aime! Relax, tranquillo, un drink trop sucré à la main… je suis DÉFINITIVEMENT dans un tout-inclus, sur le bord de la beach. Vraiment réussi. Un petit côté country aussi, qui me plaît vraiment. Et qui pourrait se tanner du Ukulélé de notre cher Sunny «Le Petit Tavernier» Duval? Pas moi, certain. Vraiment un trip de gang, avec de grands noms tels Rick Haworth, Sunny (tsé le gars, là…), Jean-Phi Goncalvez (tsé, du groupe vraiment connu mais qui est nominé quand même au GAMIQ), et autres genssss.

011

011, «Calcul désintégral»

Oui, un album complet! Yé! Ou pas. De ceux qui nous avaient concoctés «Clark et Park» il y a quelques années, on s’attendait à beaucoup (en tout cas, moi, bon). Oui, oui, j’ai le goût de danser mais pas tant. Les beats se recoupent plus souvent qu’autrement et il y a peu d’évolution depuis la pièce sus-mentionnée. Ambiance de bars dans lesquels je ne me tiens pas, ça se danse pis tu vas clairement te faire payer un verre si tu danses là-dessus devant le gars qui te reluque depuis tantôt. Mais, hum, comment dire… c’est dull en cry. À l’écoute de «La Solitude Amoureuse», j’ai cru halluciner les voix des gars de RBO. Vraiment. Et puis, un album de 11 pièces dont deux remixées… donc, 9 pièces, ça mérite d’être mieux que ça. Bel effort mais non.

Puis, pour le plaisir…

Colocs

LES COLOCS, «La Comète»

Je suis vendue. Je fais mon mémoire sur Les Colocs, c’est tout dire. Bref, je fus bien enthousiaste d’avoir une «nouvelle» pièce à me mettre sous la dent. La version des Colocs, entendue à la radio, reste la meilleure des trois versions. Celle d’André Fortin demeure excellente mais amène un certain malaise, sachant que quelques jours après avoir composé et enregistré cette chanson, Dédé Fortin s’enlèvera la vie. Sa solitude est clairement palpable dans sa version en solo. La version longue est carrément de trop. Bonne idée de ramener tous les musiciens et collaborateurs des Colocs, mais onze minutes simplement pour inclure tout le monde, c’est un peu exagéré. En plus, le prolongement ne se fait qu’après la partie entendue à la radio… donc, un peu inutile. Nécessaire pour la vente du mini-album, mais de trop. Par contre, je suis heureuse, Les Colocs furent brièvement de retour.

DanMangan

DAN MANGAN, «Nice, nice, very nice»

Vraiment «nice», justement. Dan Mangan, chanteur (indie) folk qui roule sa bosse depuis plusieurs années déjà, nous revient avec cet hommage aux robots et à la reine. Non, pas vraiment, mais la pochette nous le fait croire. J’adore. Des compositions efficaces, personnelles, parfois comiques («Robots»), le tout d’une honnêteté musicale et textuelle ma foi, bien sympathique. Je pourrais rire de l’album de John Doe & The Sadies avec lui, en buvant une bière (ou 8), un mardi soir. À (re)découvrir, à go. GO.

Bonnes découvertes … ou pas.

16 commentaires
  • André Péloquin
    21 août 2009

    « essaye pas, Maxime, t’as pas une tête à fumer »

    T’ES UNE DIEU, MAN!!!

  • Stéphanie Chicoine
    21 août 2009

    Je m’en vais au lancement d’Éléphantine mardi justement. On va voir de quoi ça l’air en concert. Mais je pense que je vais préférer voir Manolo chanter que le malaise d’À vos marques, party! où Manolo et Marilou Wolfe sortent ensemble. C’était de l’inceste visuelle pour moi. Mauvais casting.

  • sarah-maude Le gresley
    22 août 2009

    décrocher de ramdam criss…c’est fini!!!

    on critique un album ici, ou une série (pour ados en passant)et tous ces personnages???

  • Julie Ledoux
    23 août 2009

    Sarah-Maude,
    je suis franchement désolée si tu as eu l’impression que l’humour utilisé dans la critique se dirigeait seulement vers la série Ram Dam (qu’on ne trouve pas mauvaise, au contraire). La critique de l’album est bien là, si tu lis attentivement:
    «On sent l’influence d’un Yann Perreau ou d’un groupe comme Karkwa, dans les textes et musique d’Éléphantine, moins le génie poétique, moins le talent de chef d’orchestre d’Alex McMahon ou François Lafontaine. Mais ils sont jeunes, ils sauront faire leur place. Quoique… vraiment? Y a-t-il quelque chose qui leur permette de se démarquer en ce moment précis, sur la scène locale surchargée que nous avons au Québec? Dur à dire. C’est bien ficelé, simple. Mais rien ne vient nous chercher dans cet album, plutôt linéaire, un peu trop «chronique de la vie ordinaire» («Une clope, un café»… essaye pas, Maxime, t’as pas une tête à fumer). Oh non! Et le refrain en anglais sur «Debout dans la file»!! Hélala, ça devrait être interdit ce genre de choses. Banni. Fais-la toute en anglais ta toune, tant qu’à ça. Une presque-mention-honorable à «Je n’existe qu’en marchant». Presque.»

    Bien désolée que tout cela porte à confusion.
    Julie

  • Marge
    25 août 2009

    « t’as pas une tête à fumer »!?!?!?!? vraiment le commentaire le plus utile dans une critique! humour? bof…

    Je dirai tout comme Sarah-Maude: Éléphantine et Ramdam… il n’y a vraiment aucun lien… et j’ajouterai ma chère, au risque de te décevoir, que ce n’est pas Manolo dans la vie et qu’il n’est pas le seul membre de ce groupe.

    Oui tu as critiqué l’album, mais le lien avec Marilou et ramdam n’avait pas lieu d’être. Ok, au pire déteste l’album, tous les goût sont dans la nature, mais faire le lien le plus facile, sans grand but parce que c’est tout ce qui te vient en tête… bof

  • André de Sorel
    25 août 2009

    Ça s’appelle de l’humour. Le/la critique n’est pas imperméable au genre… surtout lorsqu’on considère le ton de BangBang… surtout lorsqu’on se doit de situer le groupe et son oeuvre dans un certain cheminement et que la tête d’affiche d’Éléphantine demeure un comédien qui jouait un musicien dans une émission pour ados (qu’on aime en plus, bordel).

    On s’en reparlera lors de leur sixième album, mais en attendant, le type de Mes Aieux répond encore à des questions sur ses rôles, tout comme Batlam de Loco Locass, tout comme Jenny Lewis de Rilo Kiley ou Juliette Lewis. Tous les comédiens se lançant dans la musique vivent avec ces comparaisons un bon bout de temps… tout comme les réalisatrices de films de parachutistes, tiens.

    Bref, du calme… pis merci de nous lire, yo! :-)

  • Marc AF.
    25 août 2009

    Ben là. Vous devriez être heureux que ça ne soit pas Patrick Baillargeon qui aie fait la critique parce que là, ç’a aurait été vraiment pire, sans dire niais.
    Peace + Ça fait plaisir de vous lire, BB.

  • Une chose est évidente, Manolo n’est pas crédible. Il a une face de choux-fleur et une tête de gland. Ça fait un drôle de mélange. Pis vraiment, c’est juste poche. Pas étonnant que les jeunes collégiennes avec des noms composés trippent là-dessus. C’est pour les preppies.

  • Max Bouchard
    25 août 2009

    Julie, franchement ! T’as pas écrit ce genre de truc!
    Ca se fait pas…

    Sincerement, tes critiques c’est du bonbon ! J’adore !
    On croierait le retour de Rajotte ! Ahh ca fait du bien des critiques qui ne tourne pas autour du pot et qui n’essait pas seulement de plaire à tous le monde en même temps!

    On a pas peur des mots, donnes-en plus Julie !

  • André Péloquin
    25 août 2009

    Tabarnouche! Une critique est née!

    se retournant et s’adressant à la caméra: Ben là! Julie devient bien trop big pour nous là, là!

  • Kathleen
    25 août 2009

    C’est vrai que c’est Manolo et c’est vrai qu’il n’a pas une tête à fumer.

    Il me semble qu’à partir du moment que plusieurs personnes regardent la photo et se disent ces deux choses-là, Julie a aussi le droit de les dire, même si ce n’est pas une critique, dans le sens « propre » du terme.

    Ce que j’en comprends, c’est que ce rôle de garçon lui colle à la peau et qu’on n’arrive pas à l’oublier en écoutant son disque. IL ne nous le fait pas oublier. Et ça, c’est une critique importante, tant qu’à moi. Par exemple, quand je vois ou j’écoute Loco Locass, je ne pense à aucun des rôles que Sébastien Ricard a joués…

    Pour ma part, ça me fait connaître le groupe et je jetterai un œil sur leur myspace par curiosité…

    Go Julie, continue de ne pas être douce!

  • Yanick Klimbo T
    25 août 2009

    Wow, ca brasse ici, il y a du ramdam dans l’air! Pour tous les amateurs de cette série, et ca, ce n’est pas des bobards, si vous vous souvenez de l’épisode où Manolo écoute le groupe très métal Kromotrash, il se maquille avec le gars de 30 ans qui joue le rôle d’un gars de 14 ans, Toby j’pense… et qu’il décide de ne plus se laver car le chanteur du groupe… ne se lave pas… eh, vous vous en souvenez? Oui!

    Bon.. eh bien dites vous que le gars qui chante sur la chanson intitulé Animal Man, c’est…

    MOI!

    Sans blague, j’ai chanté pour une émission de Ramdam! J’ai fait la pièce avec Fred St-Gelais, il cherchait quelqu’un qui sait gueuler du métal!

    En passant, très bonne critique!

  • André Péloquin
    26 août 2009

    Wow! C’est vraiment éducatif Ramdam! Ils vont jusqu’à chercher un prof pour faire du métal! Malade!

    Pendant qu’on y est, moi j’aimais bien tomber sur l’émission en zappant, car j’avais un sale « kick » sur Sélina.

    Se retourne et fixe la caméra: « À quoi bon mentir, j’ai toujours un kick sur Sélina! »

    PS: Le saviez-vous? Chantal Francke écrivait pour Ramdam! CHANTAL FRANCKE, DUDES!

  • Etienne Dubuc
    26 août 2009

    Malade! J’ai donc un lien avec deux personnes ayant participer à Ramdam! J’m'en viens Jet-Set!

    Pis les critiques sont ben correctes! D’un ton léger, mais correctes!

  • [...] j’ai pas basher Ramdam mais ça a passé proche. Ben proche. iiiich… Pas encore de commentaire. Laisser un [...]

  • [...] faire le lieu de commentaires acerbes et de polémiques (On se rappelle la critique d’Éléphantine), ce sera plutôt l’occasion de se raconter les pochettes et livrets, histoire de [...]

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