BangBang : bangbangblog.com

Baz'Art Virtuel

Entre Blackbird et Brecht

Julie Ledoux
18 septembre 2009

… je choisis Le Cercle de Craie Caucasien de Bertold Brecht, présenté au Théâtre Prospero jusqu’au 19 septembre. Le Blackbird de David Harrower, quant à lui, est présenté… boooof, j’ai presque envie de vous laisser le trouver par vous-mêmes tellement je n’ai pas le goût que vous vous y rendiez (bref, ça finit ce soir et tant mieux).

09_LE_CERCLE_DE_CRAIE_CAUCASIEN

Face au malaise que génère Blackbird chez le public attentif et conservateur du TNM – on s’enfonce, après tout, dans l’histoire tordue d’un homme et d’une femme ayant eu une relation «amoureuse» 15 ans auparavant lorsque l’homme avait 40 ans et la femme… 12 -, Le Cercle de Craie Caucasien nous arrive comme une bouffée de fraîcheur malgré l’imposant sujet relaté. La compagnie Sortie 123, formée de la cuvée 2008 de l’École de Théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe, nous propose l’ultime pièce montée lors de leurs études théâtrales. Les critiques montréalaises furent dithyrambiques à leur égard et à celui de la metteure en scène, Luce Pelletier. Cette mise en scène, d’ailleurs, suit un rythme serré, une cadence folle entre assassinat d’un gouverneur de la Géorgie (Caucase… voyez le lien), révolution, poursuite en forêt, mariage arrangé, jugement à la cour, etc. Les transitions chantées – qui pourraient faire peur aux plus farouches des détracteurs de comédies musicales- sont justes et marquent certains moments-clés de la pièce, empêchant ainsi le côté trop «Élyse Marquis» de ressortir et de nous faire fuir.

La complicité des acteurs est palpable et les années qu’ils ont passées entre eux, à Saint-Hyacinthe, aident sans aucun doute à faire passer de façon fluide la rotation entre les 72 personnages interprétés par les 12 acteurs. Voir une telle complicité dans Le Cercle de Craie Caucasien, même dans la douleur et l’injustice des thèmes abordés, me fait croire que le processus de casting de Blackbird fût bref et la mise en scène de Claudia Stavisky, axée sur le malaise que doit ressentir le public, chose qui ne parvient qu’à exaspérer.

Il vous reste deux soirs pour voir Le Cercle de Craie Caucasien (et découvrir quelle est cette fameuse épreuve) et un seulement pour voir Blackbird: à choisir entre des acteurs inconnus, une mise en scène qui ferait pleurer de joie Denise Filiatrault (quoiqu’elle aime un peu trop les comédies musicales…) et une soif de justice et de liberté, ou des acteurs imposants dont l’énonciation et le débit vous puent au nez (Maurice Bénichou et Léa Drucker) et une mise en scène chaotique (je n’arrive toujours pas à saisir le «lancer des déchets» et «la tache de peinture soudaine sur le chest»), le choix est évident.

Blackbird (ouin): www.tnm.qc.ca

Le Cercle de Craie Caucasien (!): www.laveillee.qc.ca

P.S.: Drôle de constater que l’année dernière, Blackbird se retrouvait sur la scène du Prospero avec Gabriel Arcand et Catherine-Anne Toupin… Comme quoi une traduction juste, une mise en scène forte mais discrète et un bon casting peuvent faire toute la différence… juste ça.

Pas encore de commentaire.

Baz'Art Virtuel

Julie Ledoux

Pourquoi faire, un slogan? J'vends pas d'chars...

Julie Ledoux