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Baz'Art Virtuel

Attraper la mort à Pop Montréal

Julie Ledoux
6 octobre 2009

Every reader will have greatest difficulty detecting irony that mocks his own beliefs or characteristics. – Wayne C. Booth, Rhetoric of irony

Puisque mon rédacteur en chef estime que je suis le Patrick Lagacé de service du Bang Bang, autant lui donner raison et écrire mon compte rendu de Pop Montréal sous l’effet d’une fièvre délirante combinée aux vertus de la «ponce» au gros gin (merci papa pour ce bel héritage!). Conditions gagnantes, comme dirait l’autre.

Fever Ray ou comment faire un cauchemar impliquant Patrice L’Écuyer

Je n’étais pas une fan au départ. En fait, je ne connaissais pas vraiment Fever Ray, pour être honnête. Ce que j’avais entendu sur leur Myspace m’avait plu et j’ai décidé de m’y rendre, accompagnant Mlle Laforesta et Mlle M., compagnonnes d’Osheaga cet été et de Pop Montréal, désormais. Pour une excellente critique du spectacle et parce que c’est elle qui a fait le «set list», je vous encourage à lire Mlle Laforesta, critique éloquente et juste. Quant à moi, je me suis retrouvée en monde totalement inconnu après avoir doublé des guestlisteux à l’entrée pour avoir mon billet. Karin Dreijer Andersson m’apparaît en aborigène gothique: sympathique et étonnant pour la fille qui la voit pour la première fois. Honnête appréciation du jeu de lampes anciennes et leurs abats-jours orangé. Mais ce que j’ai aimé, avant tout: LES LASERS. Oh! OUI! Guns’N'Roses n’était pas loin, c’est clair. Mais cette ambiance électro-hippie-glauque m’a plu tout de suite. Même la voix diabolique de la chanteuse adulée me semblait plus rassurante (lire plus bas, le cauchemar). Petit (ou gros) bémol: je me suis parfois sentie dans un party de fin d’année d’Harry Potter slash clan des Skulls. Trop de costumes à longues manches (Êtes-vous des apprentis-sorciers, Fever Ray?), trop de distorsion dans la voix (ou le Diable s’est-il emparé de votre corps Mme?), mais bravo pour les lasers. Je suis sérieuse, belle ambiance feutrée et spectacle visuellement hypnotisant (J’parle-tu d’arts visuels ou pas, hein?!).

Random Recipe & The Do (avec la barre dans le O)

Je suis arrivée pour la toute fin de Random Recipe parce qu’entre un show de RR et un souper avec ma soeur, je choisis la deuxième option. Je manque peut-être de tact en parlant de Nelly Arcan mais j’ai des sentiments, BON! Ma soeur, je l’aime, et elle surpasse les deux filles de RR à cent miles à l’heure. Bref, Random Recipe : correct. Je ne peux résumer le spectacle entier mais la foule semblait ravie. Les deux dernières pièces m’ont parues chaotiques mais bon, je leur donne le bénéfice du doute. Puis, The Do (toujours avec la barre… j’suis malade, pas le goût d’aller chercher le symbole ailleurs). J’ai eu le temps d’entendre les quatre ou cinq premières chansons et, je dois dire, ce fût plaisant. Même le batteur de service avait l’air content d’être de ce monde. Moi aussi, pour tout dire. J’étais presque triste de devoir quitter pour aller attraper la crève au show suivant.

Lee Fields, tu m’as tuée!

«Laaaaaaaadiiiiiiiies!!!» Lee Fields & The Expressions à La Sala Rossa, vendredi soir. Du plaisir en boîte! Il fait chaud, tout le monde s’est pressé à ce spectacle de soul qui, dit-on, promet. Je donne mon nom à la fille de la guestlist «Julie-Ledoux-Bang-Bang». «Je ne parle pas le français», qu’elle me répond. Tu me niaises? Je t’ai dit mon nom et deux onomatopées! J’t'ai pas raconté la fois où mon père a voulu me faire deviner mon cadeau de Noël et que j’ai braillé parce que je ne trouvais pas! Emo Ledoux. Bref, Lee Fields sait plaire: «Honey what’s your name?… I know your man is satisfied!» On t’a-tu déjà dit ça, beubé? Il sait chanter, ça groove, il fait chaud, ses Expressions aux cuivres, guitare, basse et batterie nous font danser et se coller. J’aime.

Puis, j’ai attrapé la crève. Lee Fields, j’ai pleuré de joie comme la première fois dans ton lit simple, mais je te maudis aujourd’hui.

aRTIST oF tHE wHAT?

Bon, il paraîtrait que les shows avaient un peu de retard le samedi soir. Croyant arriver en retard pour la performance qu’AOTY était supposé donner au Studio Juste pour Rire, je me vois dans l’obligation de me taper Love & Electrik (avec un K, oui): Debbie Gibson rencontre Kathleen. Pas sûre. Dans ce temps-là, on remercie Dieu d’avoir créer les Gin Tonic. Finalement, AOTY arrive, bien entendu en costumes strechs et brillants, lunettes folles à l’appui. Performance trop funky à mon goût. Je n’ai pas tant le goût de bouger car j’ai l’impression de voir des gars jammer dans leur sous-sol, déguisés. Malaise. Un peu plus d’électro aurait été de mise devant une foule qui en attendait, vraisemblablement, un peu plus du groupe pour lequel elle s’était déplacée. On quitte après environ quatre pièces pour se rendre, comme des vrais – comment dit-on? Hipsters? Scenesters? Expliquez-moi votre jargon les jeunes, j’y comprends rien - au party célébrant les cinq années d’existence de Bonsound. J’avoue que je ne me rappelle plus de la musique (pourquoi? J’vous le demande bien!) mais le party était pogné, j’ai pu exhiber ma jupe des Canadiens de Montréal en avouant que «non, j’le connais pas c’te band-là», et ce fût bien comique. Se sauver avant l’arrivée des flics: priceless.

En bref

Mon cauchemar? Patrice L’Écuyer qui veut participer à l’Union fait la force (alors qu’il en est l’animateur) parce qu’il croit que ses collègues de travail complotent contre lui. Je vois la scène du point de vue de Pat et son patron devient un monstre à queue de serpent et tête d’aborigène gothique (voir Fever Ray) avec la voix du ‘yable, en plus. Puis, Pat crie comme une pucelle qui se ramasse à Hochelag’ et je me réveille en sueurs. Veut, veut pas, Patrice L’Écuyer qui crie comme une pucelle devant le ‘yable, ça donne des sueurs froides.

J’ai passé mon dimanche à avoir mal à la vie mais aussi à regarder jouer les Carabins de l’UdeM au Cepsum et à huer le Rouge et Or tout en buvant de la Bud. Rien de tel pour se remettre d’un Festival comme Pop Montréal.

J’ai précisé que je faisais de la fièvre?

4 commentaires
  • André de Sorel
    7 octobre 2009

    « Crier comme une pucelle »

    J’veux mon pourcentage. C’est MON expression!

  • Julie Ledoux
    7 octobre 2009

    Pffff, tu sais très bien que je fais tout ce brouhaha pour gratis, Péloquin. Mais bon, j’te rends l’expression, César… et le mot «onomatopées» a aussi été emprunté à ta grandeur d’âme.

  • André de Sorel
    7 octobre 2009

    Je demeure tout de même déçu que ma comparaison à Sinclair ne se retrouve pas dans ta critique.

  • solafo
    9 octobre 2009

    C’est sûr que boire de la Bud ça aide pas… franchement Julie…

Baz'Art Virtuel

Julie Ledoux

Pourquoi faire, un slogan? J'vends pas d'chars...

Julie Ledoux