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Baz'Art Virtuel

Une liaison pornographique : plaisir coupable

Julie Ledoux
27 janvier 2010

Uneliaisonpornographique1

Hier soir se tenait la première de Une Liaison Pornographique, à l’Espace 4001. Ce fût la première d’une première puisque la compagnie Mea Culpa Théâtre, toute jeune encore, présentait sa première création dans une mise en scène de Michel-Maxime Legault.

Se connaître au sens biblique du terme

Elle et Lui se rencontrent lorsque l’un décide de répondre à une petite annonce publiée par l’autre. Ils ne sauront rien de l’un ni de l’autre, mais très vite, leur relation exclusivement sexuelle se transformera en amour passionné et tumultueux. Le texte de Philippe Blasband nous entraîne rapidement dans l’univers d’Elle et Lui dont nous ne saurons pratiquement rien de concret, mais dont les secrets érotiques et sexuels ne nous seront plus inconnus. Interprétés par Amélie Carrier et Émile Beaudry, les deux personnages tentent de satisfaire un fantasme dont nous ignorons la nature. Peu importe, là n’est pas la question. Rapidement, ce sera une réflexion sur les relations homme-femme qui nous sera révélée. Comment ne pas tomber amoureux, comment conserver une relation purement sexuelle lorsqu’en fait, c’est la peur qui dirige nos actions?

Une liaison pornographique

Incompréhension vs communion

Dans leur jeu sexuel, Beaudry et Carrier sont justes et nous font découvrir une relation au désir tendu, au sentiment d’urgence constant. Le regard passe rapidement de passionné et électrisé, à sombre et triste, pour revenir au premier, puis retomber dans de profondes abîmes. La douleur de l’abandon, la peur d’être blessé, la quête de l’amour… nous passons par la même gamme d’émotions que celle des personnages. Si la mise en scène «Suis-moi, je te fuis; fuis-moi, je te suis» demeure efficace, les quelques longueurs réflexives coupent parfois le rythme des scènes. Cependant, un décor parfait pour ce genre de pièce et de thématique nous ramène vers la dualité (en est-ce bien une?) amour/sexe. La scène divise le public en deux et celui-ci se fait face, comme s’il devait choisir quel parti prendre. Elle? Lui? Eux-mêmes débutent la pièce chacun de leur côté du rideau, se confiant à leur moitié de public respective. À ce moment, nous devenons curieux: «Qu’est-ce qu’elle dit? Que pense-t-elle de lui… Il la désire, mais est-ce qu’elle le désire?», se dit-on du côté «Lui». De son côté à «Elle», il nous faudra l’imaginer… ou y retourner pour tout savoir…

Notre côté curieux, voire voyeur en prend pour son rhume. Jamais nous ne saurons ce fantasme secret qui les unira à prime abord. Jamais nous ne découvrirons qui ils sont. Mais avons-nous besoin de savoir tout cela alors que cette pièce se veut une réflexion sur le désir, l’amour et l’abandon à l’autre? Le mystère demeure entier. Et c’est tant mieux.

La pièce Une Liaison Pornographique tiendra l’affiche à l’Espace 4001 (4001, rue Berri) jusqu’au 6 février.

Dépêchez-vous!

Photos: Karine Gonthier-Hyndman

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