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Demi-finales des Francouvertes (1/3) : Un concours? Quel concours?

Julie Ledoux
13 avril 2010

Départ lent en ce premier soir des demi-finales des Francouvertes au Lion d’or. Trente minutes de retard et la longue pub des commanditaires ne me faisaient pas plaisir, entassée que j’étais derrière une des nombreuses colonnes du Lion d’or. Une chance, Bernard Adamus ouvrait le bal pour me convaincre que tous les autres avaient raison de l’aimer, qu’il méritait sa place dans ce concours, et que j’avais tort.

Ouaip ouaip ouaip. Mea Culpa. Bernard Adamus, c’est quand même agréable en show. Par contre, il faut rendre à ses musiciens ce qui leur revient. Sylvain Delisle à la contrebasse, tout particulièrement, a su rythmer les chansons d’Adamus avec brio. La foule, conquise d’avance, connaissait les paroles des chansons par coeur (comique, hein, pour un artiste émergent…) et la fameuse «Rue Ontario» fut chantée pratiquement à capella par Adamus et la foule. Évidemment, je ne savais pas qu’il fallait répondre «Rue Ontario!» après le «Où ça?» PARCE QUE BERNARD ADAMUS NE ME L’A PAS EXPLIQUÉ AVANT DE LA CHANTER. Pour ça, je suis frue et humiliée. Mais, bon, sa voix kick des derrières, et je suis bien heureuse de découvrir que son côté country-western est plus déployé que je ne l’avais anticipé. Ouais, les journalisssses m’ont induit en erreur avec tous les «blues» mentionnés à tort et à travers. Je me demande à quel point on peut saluer la «qualité des textes» et la «promotion de la langue française» lorsqu’on parle de Bernard Adamus. À l’entendre chanter, on retrouve à profusion des anglicismes et troncations propres au joual, erreurs de syntaxe et mots carrément anglophones, qui ne me font pas croire que ses textes respectent les critères demandés. Je ne dis pas que les paroles ne me plaisent pas, mais si les organisateurs promeuvent certains critères, il serait intéressant que le jugement soit tout aussi impartial que les jurés.

En tout cas, assis à côté de moi, le papa de Coeur de Pirate trippait, lui.

J’ai vraiment voulu prendre des photos et j’avais mon appareil NUMÉRIQUE et toute la volonté possible, mais il n’avait pas la fonction «photo au travers d’une colonne du Lion d’or». J’ai finalement réussi à me glisser derrières les juges, mais la fumée venant de la scène ne m’aidait pas trop. J’ai décidé de prendre une photo des notes d’Éli Bissonnette, mais c’était un peu plate parce qu’elles ressemblaient à ça:

Bref, Caloon Saloon suivait et je trépignais d’impatience. Ce ne fut pas la meilleure performance du groupe, ayant de loin surpassé celle d’hier lors des préliminaires, mais j’aime toujours la complicité qui les unis, les voix à l’unisson, le gazou, la contrebasse et les hochelagags. Parlant d’histoires croustillantes, saviez-vous que Pontiak avaient de superbes dreads par le passé? Il les mettra d’ailleurs en vente lors d’une vente de garage organisée par le groupe pour financer la production de leur album en devenir. Les 15 et 16 mai prochains, chez Backdoor (mandoline, guitare, voix) sur de Normanville, coin Jean-Talon (à voir sur leur site pour plus de détails… ou écrivez-leur), ils mettront en vente quelques objets d’une rareté désirable. Allez boire de la limonade avec eux, c’est pour leur bonne cause.

Micros Armés clôturait la soirée, dans ce qui s’annonçait comme une soirée «all-white-countrymen». Si le spectaculaire n’est pas forcément évalué aux Francouvertes, c’est bien dommage car ces Micros Armés auraient enlevé la palme facilement. Moi qui croyait que la foule était vendue à Adamus, le groupe de MC-rappeur/se-DJ-BBOYs m’a fait mentir. Sautant de partout, criant, applaudissant à tue-tête, les gens présents au Lion d’or se laissaient séduire. Bien que leur hip hop ne présente rien de nouveau côté musique, les chansons bien ficelées du groupe lui permettent de se montrer extrêmement efficace sur scène, captant le rythme et l’attention du public. Les intermèdes des B-BOYs fascinent et interpellent le public. S’ils ne remporteront probablement pas le premier prix des Francouvertes, ils sont certainement promus à un bel avenir sur scène. Mention spéciale à Leeloo Suyin, la toute petite rappeuse qui s’impose comme une Eminem saine d’esprit sur scène. Deux morceaux de robots aussi pour le B-BOY à lunettes.

Sans surprise, la première demi-finale s’est terminée comme elle a commencée: 1) Bernard Adamus, 2) Caloon Saloon, et 3) Micros Armés.

Les demi-finales des Francouvertes se poursuivent ce soir et demain, dès 20h, au Lion d’or. Arrivez tôt pour ne pas faire la file et être pris derrière une colonne.

4 commentaires
  • mel
    13 avril 2010

    hahahahhaahhahahahahahaha.

  • Miguel Gosselin
    13 avril 2010

    Lors de l’événement, un des groupes invités a effectivement performé sur scène une chanson haineuse, dont les paroles justifient et banalisent les agressions sexuelles. Caloon Saloon a effectivement performé une chanson à l’intérieur de laquelle un homme, saoul, explicite son projet d’entrer chez son ex-copine pendant que celle-ci dort, de se coller contre elle malgré la volonté de celle-ci, en se justifiant du fait que « tous les moyens sont bons » pour « aller chercher ce que tu veux pas me donner ». Étant donné l’ampleur et la dureté du phénomène des agressions sexuelles au Québec (1 femme sur 3 et 1 homme sur 6 agressés avant 18 ans, selon le site du CAVAC : http://www.cavac.qc.ca), donc de la présence importante de personnes agressées à l’intérieur de la salle, j’affirme que cette chanson n’avait pas sa place dans un événement public de cette ampleur. J’ai personnellement ressenti un malaise profond à la lecture du texte, doublé d’une véritable panique lors de la performance « soft et amusante » d’un tel texte sur la scène.

    Qu’en pensez-vous, mademoiselle ?

  • Julie Ledoux
    13 avril 2010

    Je ne peux me prononcer sur la validité d’une chanson dans une performance, Monsieur Gosselin. C’est en fait au groupe lui-même que vous devriez faire part de votre indignation. Il faut cependant aussi faire la part des choses en tant que public et ne pas confondre les paroles d’une chanson et le «je» mis en scène dans celles-ci, avec l’auteur de la chanson. Sans vouloir justifier les paroles de cette chanson, il se pourrait bien que Caloon Saloon dénonce une telle attitude (agression) en la mettant en scène dans leur performance.

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