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Baz'Art Virtuel

Smokey Robinson au FIJM : séduction back in the days

Julie Ledoux
29 juin 2010

L’une des figures de proue de cette édition du Festival International de Jazz de Montréal, Smokey Robinson, était de passage en ville hier soir. La salle Wilfrid Pelletier, remplie d’un public mi-têtes blanches, mi-fans de Motown, a vibré pendant deux heures au son de la groove de l’ex-leader des Miracles.

Smokey Robinson - King of Motown

Je ne savais à quoi m’attendre d’un tel spectacle. L’un des meilleurs auteurs-compositeurs de la maison de disques Motown se trouvait à quelques mètres devant moi. MOTOWN, BABY!!! Et Smokey ne s’est pas gêné pour nous rappeler à quel point il avait du talent! Ouvrant le spectacle sur Goin’ to a go-go, deux danseuses sont venues émoustiller le public, dans le plus pur esprit sixties, mais habillées comme dans un vidéoclip de 50 cent. On passera sur l’ajout de ces deux jeunes demoiselles qui revenaient sur scène à toutes les 3 ou 4 chansons, dans des costumes vraiment laids. Je ne voyais pas l’intérêt d’en avoir seulement deux. Tant qu’à y être, amenez-en une gang, qu’elles n’aient pas l’air perdues sur scène!

Alignant les premiers succès tels Tears of a clown, My Girl (popularisé par The Temptations), Tracks of my tears, The Way You Do The Things You Do, etc. autant que les nouveautés – reprenant même une chanson interprétée par Norah Jones et composée par Jesse Harris, Don’t know why -, Smokey Robinson nous a offert le meilleur de lui-même. Offrant des succès qui l’ont précédé tel Fly Me To The Moon de Frank Sinatra, il faisait honneur à sa réputation. Le public était conquis d’avance, mais pour ma part, – moi qui ne connaissait qu’environ la moitié des chansons jouées hier (plus d’une quinzaine interprétées par l’ex-Miracles!) – c’est à la seconde pièce que j’ai saisi toute la portée de cet homme, toute son influence dans le milieu musical américain et international. En interprétant You Really Got A Hold On Me (reprise par The Beatles), chanson que j’affectionne particulièrement, Robinson m’a séduite. J’étais désormais toute ouïe, pendue à ses interventions humoristiques et honnêtes entre les chansons. Nous avons eu droit à un petit medley des compositions de Smokey du temps glorieux de Motown, medley qu’il a combiné à un bref historique de la maison de disques qui fêtait ses 50 années d’existence cette année («20 years before I was born»… un comique je vous dis!), et de sa participation à son émancipation. Intéressant, stimulant et drôle.

Après s’être permis de pointer du doigt avec humour un spectateur retardataire («Where have you been?»), Robinson s’est offert une petite imitation de Stevie Wonder, son grand ami. Je ne sais pas s’il est ami avec des 8-tracks, mais il en a fait aussi l’imitation. Smokey devrait rester dans le coin, le Festival Juste pour Rire approche à grands pas.

Le spectacle, divisé en deux parties, l’une plus Motown où Smokey Robinson était affublé d’un tuxedo blanc en soie (ou presque), et l’autre, beaucoup plus soul et sensuelle – voire sexy – dans laquelle Robinson, tout de noir et de glitter vêtu, a fait hocher de la tête et rouler des épaules tout son public venu l’acclamer. Cette seconde partie, je l’ai trouvé un peu lente et parfois même endormante, à mon goût. La première nous avait tellement réveillés que j’ai trouvé dommage que le momentum soit coupé de cette manière. Cependant, il  faut rendre à César ce qui lui revient : Smokey Robinson a toujours autant de charme, sa voix douce aux notes aigues fait toujours autant bouger des hanches, et il a le don de composer des chansons «vers d’oreille». En me réveillant ce matin, je fredonnais Cruisin’ together, pièce qui a conclu le spectacle, tout en faisant participer la foule à la demande de Robinson et ses acolytes.

L’artiste né en 1940 ne faisait pas ses 70 ans sur scène. Un vrai charmeur, comique, sympathique, heureux d’être encore en tournée à son âge, il affirmait se sentir choyé d’avoir pu faire ce qu’il aimait toute sa vie. Très généreux avec son public qui l’adulait, hier soir, Smokey Robinson s’est mérité le «Spirit Award» décerné à chaque année par le FIJM. André Ménard s’est présenté sur scène vers la moitié du spectacle de Robinson, pour lui remettre son trophée. L’ex-Miracles a semblé si ému par le geste que sa voix s’en est brisée quelque peu lorsqu’il a remercié monsieur Ménard et son public. Un beau moment.

En première partie, Nadja ouvrait le bal. Une voix rauque, parfois un peu trop poussée dans les notes hautes, mais fabuleuse dans les basses. Elle m’a fait vibrer avec son Georgia On My Mind. Visiblement TRÈS heureuse d’ouvrir pour le grand Smokey Robinson, elle a enchaîné les reprises qui se retrouvent sur son premier l’album. J’aime que des histoires comme la sienne se perpétuent aujourd’hui. Il y a à peine un an, elle jouait encore dans les bars, reprenant les succès Motown qu’elle affectionne particulièrement. Hier, elle faisait la première partie de l’une de ses idoles, chantant du même coup Who’s Loving You, pièce composée par Smokey Robinson et interprétée par Michael Jackson

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Pourquoi faire, un slogan? J'vends pas d'chars...

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