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Baz'Art Virtuel

Rendez-vous du cinéma québécois 2011 : En terrains connus

Julie Ledoux
19 février 2011

En terrains connus parce que c’était le film d’ouverture du festival mais aussi parce que ce festival nous offre la possibilité de se remettre le nez dans certains films québ’ qui n’ont pas tenu l’affiche bien longtemps ou qui ne l’ont pas tenue du tout, ayant été présentés dans d’autres festivals, ici ou ailleurs. On y retrouve aussi de nombreuses soirées consacrées au court-métrage, cet art de dire beaucoup en si peu de temps. Et j’adore.

Bref, ça commençait mercredi soir le 16, avec En terrains connus en ouverture officielle. Ça se poursuivait jeudi et vendredi soirs, mais comme je suis grippée, je reste chez nous pour le moment. Aujourd’hui, j’irai peut-être. J’aimerais être capable de respirer par le nez avant de m’enfermer dans une salle de cinéma.

En attendant, voici une petite critique du film de Stéphane Lafleur (réalisateur de Continental, un film sans fusil ou encore, membre du groupe Avec pas d’casque), En terrains connus, que je suis allée voir il y a deux semaines.

Ce qu’on aime particulièrement avec le style de réalisation de Lafleur, c’est son minimalisme. Pas de fioritures, pas d’excès. Seulement la vie, telle qu’elle est. D’extraits de moments quotidiens en réactions ordinaires ou extraordinaires des personnages, on en retire toujours une simplicité désarmante. En terrains connus nous entraîne dans les retrouvailles forcées d’un frère (Francis La Haye) et d’une soeur (Fanny Mallette), l’un complètement démoli par son incapacité à réussir quoi que ce soit, l’autre au bord de la dépression et d’une séparation. Tous les deux ont perdu leur mère quelques années auparavant  (Michel Daigle, Nounou de Lance et compte, pour les intimes) et leur père – toujours accroché au souvenir de la femme de sa vie -, malade et aigri, tente désespérément de sauver les meubles de sa famille.

Francis La Haye et Fanny Mallette

Un homme arrive alors du futur (enfin, on y croit) et bouscule tout ce drame du quotidien. Le frère et la soeur partent ensemble, le frère tente désespérément de s’accrocher à sa soeur et les non-dits pullulent, entre réalité et fiction. En terrains connus, c’est l’hiver québécois, les rêves qui s’effritent, le temps qui passe, les relations familiales tendues et crier sa rage (de vivre ou de désespoir). Mais c’est aussi l’espoir, la campagne québécoise, les rêves qui renaissent, l’amitié, la compréhension et, encore une fois, l’hiver québécois. La réalisation et le scénario fluides et simples de Lafleur offrent un regard direct sur les situations, sans y ajouter une véracité qui n’y serait pas nécessaire, sans y plaquer d’émotions fausses. S’il existe un élément déclencheur, la conclusion, elle, reste ouverte, malléable.

Découvrez vous-mêmes l’univers d’En terrains connus puisque le film est à l’affiche depuis hier dans plusieurs salles de cinéma au Québec.

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Pourquoi faire, un slogan? J'vends pas d'chars...

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