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Baz'Art Virtuel

RVCQ 2011 : Seuls et avec d’autres

Julie Ledoux
20 février 2011

Puisque ma grippe m’a aujourd’hui autorisée à respirer par au moins une narine, je me suis empressée d’aller découvrir quelques courts métrages étudiants présentés lors du «Programme : Seuls et avec d’autres» à la salle Fernand-Séguin de la Cinémathèque Québécoise.

J’aime beaucoup les courts métrages. J’aime la rapidité avec laquelle il faut faire preuve d’audace (ou non), aller directement au but (ou pas), couper dans les fioritures (si on veut) et mettre le fond ou la forme au centre de tout. Seuls et avec d’autres mettait de l’avant huit réalisateurs et équipes de travail, et autant de courts métrages, en provenance de trois universités de Montréal (Concordia, UQÀM et UdeM).

On découvre le monde du graffiti avec KILLA-EF de Thomas Sazcka-Marier et on se demande parfois quelle passion ou démon mène ces graffiteurs puisque M. Killa-EF lui-même nous affirme que son art l’obsède, qu’il mène sa vie, qu’il vit dangereusement pour créer ses oeuvres, etc. Une belle incursion, trop courte évidemment puisque si le «graff» obsède son créateur, la vie de ce dernier passionne le spectateur.

Seuls ensemble de Daphné Deguire partait de deux contraintes scolaires : à partir d’un scénario commun  à toutes les équipes d’une classe, il ne fallait faire que des gros plans et tourner au moins une scène à l’extérieur. Pari tenu, si l’on en croit le court de l’équipe de Deguire. Cela dit, la forme l’emporte sur le fond, elle déstabilise mais confond aussi, parfois.

Puis, Chers amis de Geneviève Dulude-Decelles nous entraîne dans les pensées de la dernière journée d’un homme sur le point de se suicider. Je l’avoue d’emblée, le sujet me touchait avant même que les premières paroles furent prononcées. Si les prises de vues m’ont plus ou moins plu car trop léchées, manquant de poésie, le texte narré – tiré d’une lettre de suicide – prenait tout son sens dans les noirs, les blancs et les zones grises du court. Je vous laisse les beaux jours…


Green Line m’a ensuite fait sourire par sa simplicité d’approche. La ligne verte du métro de Montréal : deux étrangers, un jeu de regards fuyants, un désir naissant. Une relation est créée, inévitablement emmêlée dans les allées et venues des autres passagers. Simple, presque comique. Une faille dans le temps.

Le Temps ne me sauvera pas m’a, par la suite, plutôt laissée pantoise. Tout en se promenant d’une pièce à l’autre d’une maison, nous alternons aussi entre les moments capturés de l’enfance à l’âge adulte, d’une famille à l’autre. Toujours simplement en ambiances sonores, nous suivons les moments joyeux, tristes et provocants des gens. Un beau noir et blanc mais qui manque de ligne directrice.

J’attendais Frame de Vincent Toi avec impatience car j’avais bien «spotté» le personnage principal – un musicien se produisant dans le métro -, interprété par une connaissance. Ce doit être drôle, le gars fait de l’impro, d’habitude! que je me disais. Et bien, j’en eu pour ma grippe puisque le tout est réalisé, scénarisé et interprété avec douceur et empathie. Tout juste après la mort du Roi de la Pop, le musicien se produisant dans le Montréal souterrain du coin de Place d’Armes reçoit un cadeau peu commun d’un «fan». À vous de le découvrir.

Murmures reste l’un de mes courts préférés de cette brochette. Bien entendu, les acteurs professionnels ont sans doute aidés à ce coup de coeur (Normand Daneau et Alexandrine Agostini), mais le scénario m’a séduite avant tout. Planté dans le quotidien d’un homme seul, à la routine incorrigible, la musique et une femme viennent tout chambouler. Et c’est justement par les chansons et les interprétations de ces dernières que la vie de l’homme changera, qu’une petite étincelle surgira, que l’ordinaire deviendra extraordinaire pour un moment. Une beauté de quotidien, rappelant les films de Stéphane Lafleur, à plus petite échelle.

Cabaret de la dernière chance n’est pas non plus passé inaperçu. Il semble que la solitude des personnages soit l’apanage des scénarios de courts métrages. Ce cabaret n’y fait pas exception. Basé sur les participants à un cours de Swing (la danse, bien entendu), le court met de l’avant Jean-Benoît, concierge du bowling où se tiennent les classes de Swing hebdomadaires (on l’imagine). La nostalgie est maîtresse ici mais reste exploitée surtout dans les apparences (la musique, l’habillement, le walkman, la gourmette, etc.). On aurait aimé constater les convenances rappelant les belles années du style.

Pour en savoir plus sur les courts présentés et leurs créateurs, rendez-vous sur le site des Rendez-vous (ha-ha) et explorez.

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