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Baz'Art Virtuel

RVCQ 2011 : Et puis on s’habitue / Les Fros

Julie Ledoux
23 février 2011

Belle soirée, hier, aux Rendez-vous du Cinéma québécois. Alors que je me remettais encore de n’avoir pas pu assister à la représentation de Godin, la veille, je me suis dit «Advienne que pourra!» et j’ai décidé d’y aller avec l’idée que «J’irai voir les films pour lesquels il reste encore des billets». Oui, je philosophe souvent quand il est question de cinéma. Pouet.

Bref, j’optai alors pour Les Fros, documentaire que je n’avais pas pu voir lors des Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal, à l’automne dernier. Long métrage de Stéphanie Lanthier qui était précédé du court Et puis on s’habitue de Sophie Dupuis.

Et puis on s’habitue

Le court de Sophie Dupuis nous invite à découvrir le monde minier, en neuf minutes. Enfin, le monde des accidents et des sauvetages miniers. Présenté la première fois dans le cadre du Festival de cinéma des gens d’ici, à Val d’or, en septembre dernier, le court offre une visite spectaculaire de mines abandonnées, de leurs installations, des restants de vies qui y sont passées. En fond sonore, les témoignages tristes, résignés mais surtout résilients. Et il faut l’être puisque comme nous l’expliquent les différentes générations de mineurs qui s’expriment dans le court de Dupuis, «si tu prends ta voiture et que tu vois du monde avoir des accidents, est-ce que tu vas arrêter de conduire?». On en prendrait plus et j’espère que Sophie Dupuis nous prépare un long métrage qu’on pourra voir dans un avenir prochain.

Les Fros

Plusieurs critiques et comptes-rendus ont été faits sur ce documentaire de Stéphanie Lanthier, déjà. Les trois Fros (de la déformation du mot «foreigners»), dont l’histoire nous est racontée avec profondeur et sensibilité, sont bien connus du public. Mamadou, Antonie et Gérard en sont les personnages principaux. On les suit sur plusieurs jours de travail dans leurs trois camps différents et avec leurs équipes de travail. On découvre leur personnalité, leur vision du monde, leur passé, leurs espoirs, etc.

De plus en plus de travailleurs venus de l’étranger s’enfoncent dans la forêt, viennent faire le travail de débroussailleur, viennent tailler la forêt qui repousse tranquillement sur les lieux où, il y a quelques années, tout était rasé à blanc. À deux heures au sud de Chibougamau, à deux heures au nord de Lebel-sur-Quevillon, les Fros font aller leur débroussailleuse, affrontent les éléments de la nature (animaux, mouches, vent, soleil, pluie, chaud, froid, etc.) dans des conditions difficiles que le commun des mortels ne pourrait subir.

L’avenir de la profession est même menacé selon les Fros : moins de travail d’année en année, un salaire pas toujours égal, etc. Comme dans la jungle : les plus forts survivent. Il est difficile de résumer tout ce qu’on apprend dans ce documentaire. Le sujet est riche, les trois principaux débroussailleurs suivis par l’équipe de Stéphanie Lanthier ont énormément de vécu et nous le partagent honnêtement, mais toujours avec une certaine pudeur en font des personnages extraordinaires. À voir pour comprendre, apprendre, et découvrir la région dans laquelle tous ces gens travaillent.

Petite précision : la musique du documentaire a été composée en majorité par Claude Fradette (dans la version finale vue hier soir), musicien pour Richard Desjardins… dont la chanson «Les Fros» a inspiré le titre du film de Lanthier.

À suivre, le blogue de Stéphanie Lanthier, Les chroniques d’une cinéaste au pays des mouches noires.

Un commentaire

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Pourquoi faire, un slogan? J'vends pas d'chars...

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