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Baz'Art Virtuel

RVCQ 2011 : une soirée insolite

Julie Ledoux
24 février 2011

Après le franc succès du Programme Seuls et avec d’autres de dimanche dernier, j’allais gaiement me rassasier d’autres courts-métrages, hier soir, au Programme Insolite. J’y suis allée seule. Quelle erreur…

Non pas que je me sois emmerdée, loin de là! Mais je suis de nature, disons-le, un peu peureuse, et l’horreur et le suspense me font faire des cauchemars. Je n’ai jamais pu écouter les X-Files le soir, avant d’aller me coucher. C’est dire. Bref, la soirée ayant débutée avec un peu de retard (30 minutes, je peux quand même m’en formaliser, je crois), c’est assise bien confortablement dans mon siège de la Salle Claude-Jutra de la Cinémathèque Québécoise que j’ai dégusté avec admiration et horreur, le travail de huit réalisateurs et sept courts-métrages.

File Under Miscellaneous

Le court de Jeff Barnaby nous entraîne dans l’univers d’un Micmac qui décide d’en finir avec sa vie d’Amérindien libre. Il se rend difficilement dans un hôpital futuriste où lambeaux, tripes et autres constituent le décor dominant. Il s’y rend pour finalement se faire assimiler par la culture dominante. Ayant comme trame de fond la narration d’un poème de Pablo Neruda, «Walking Around» [J'essaie encore de trouver le titre original.], l’homme laisse mourir son humanité, devient un parmi tant d’autres. Les effets et prothèses sont très réalistes bien que la découpe du corps soit peut-être un peu carrée. Le ton était donné pour la soirée.

La Chaîne

Martin Saulnier ramène à l’avant la classique chaîne de montage où tous les employés sont des numéros. Dirigé par une voix supérieure, le Numéro 6 prendra conscience graduellement de son destin, malgré lui. Lorsqu’il sera désactivé, tout s’éclaircira. Je ne sais pas si je peux réellement apprécier ce scénario où l’habituel «chef supérieur» contrôle la vie et la mort de ses employés. Il s’agit d’un scénario bien conventionnel pour ce genre. Cela dit, visuellement, on ne se trompe pas. On passe des profondeurs les plus noires de la chaîne de montage (où on ne saisit d’ailleurs pas exactement ce que l’on fabrique) au blanc immaculé de «l’au-delà» de l’être supérieur qui commande. La trame sonore du film apporte, elle aussi, suspense et drame.

Change Over

Court métrage de Nicolas Bilodeau et John Blouin qui se veut un hommage au métier d’accompagnateur d’image, de projectionniste. Blouin l’ayant été pendant plus de 10 ans, le métier n’a plus de secret pour lui. Une trame bien simple, où le projectionniste fait lui-même l’objet d’un film qu’il est en train de projeter. Une belle mise en abyme du métier.

Cinéma des aveugles

Daniel Canty nous présente ce court qui compte plus d’acteurs connus du public que celui-ci en demande. Sébastien Ricard, Évelyne Rompré et Jacques Godin se partagent la vedette dans ce clair-obscur des images mentales d’un résident de l’Hôtel de la mer. Images qui seront jouées dans la salle de cinéma de l’hôtel. Un scénario peut-être un peu trop éparpillé pour moi. J’avoue avoir encore de la difficulté à comprendre la trame du court. Jacques Godin y est presque comique en réceptionniste et patron de l’hôtel, mais la venue du personnage de Ricard me semble irréelle, de même que celle de Rompré en femme que l’homme ne peut oublier.

Princesse

J’avoue que je ne m’attendais pas aimer autant une animation de poupées! Le court de Frédérick Tremblay est construit autour de quatre personnages. Un couple au quotidien un peu triste, un loup (qui, je crois est la représentation de l’homme du couple), et une femme, que l’homme ramène un soir. Attaquée par le loup, elle sera soignée par la femme du couple. Les deux femmes créeront des liens amicaux et l’homme du couple en sera mystifié. Les thématiques du désir et du rejet sont bien présentes dans ce tout petit court (3 min.) et l’animation, de même que les poupées elles-mêmes, sont franchement réussies.

All Flowers in Time

Ça, c’est le genre de court qui m’effraie. Une mystérieuse émission néerlandaise apparaît sur les postes de toutes les télévisions. On y raconte comment les yeux rouges (des photographies) sont liées à des démons ou on ne sait trop quel être supérieur. Freak. Un court psychédélique d’horreur, si on veut. Je n’ai pas suivi tous les dialogues puisqu’ils sont fréquemment interrompus par d’autres ou par des images, mais j’imagine que Chloë Sévigny et les autres ont bien suivi ce qui leur était demandé. Disons simplement que les visions d’horreur de «grimaces» m’ont surprise et marquée. Mais pas autant que les yeux rouges de tous les personnages. Vous ne comprenez rien ? Moi non plus, mais je crois que c’est le but.

The Greens

Serge Marcotte arrive ici avec un scénario qui tourne autour de l’incompréhension totale entre les membres d’une même famille. Un jeune comptable qui gravit rapidement les échelons d’une société est atteint d’un mystérieux mal que seuls ses parents peuvent voir. Il sera condamné à sa chambre, cherchant le mal, son apparition, etc. Sa soeur s’en trouvera infectée elle aussi et les parents condamneront leurs deux enfants à la réclusion. J’ai aimé le ton et la teinte de ce court qui rappelle un peu ce que Jean-Pierre Jeunet pouvait faire avec Delicatessen.

Enfin, j’aime toujours autant les courts métrages. L’insolite m’a secouée, mais je suis capable d’en prendre. Bon, j’exagère un peu, c’est évident. Mais j’y retournerai accompagnée seulement, la prochaine fois…

Ce soir, je me gâte avec la présentation du film de Sarah Fortin, J’m'en va r’viendre. Un film racontant le retour du grand Stephen Faulkner sur la scène musicale québécoise. J’ai très hâte. J’aime mieux vous prévenir qu’hier soir, quand j’ai pris mon précieux billet pour la séance, on me disait qu’il en restait peu. Courez.

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Pourquoi faire, un slogan? J'vends pas d'chars...

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