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Baz'Art Virtuel

Comment vous pouvez jouer au défibrillateur automatique avec le Blue Sunshine

Julie Ledoux
9 mars 2011

Je n’ai pas le goût de jouer à la blogueuse engagée/enragée, mais je me dis que parfois, il y a vraiment des situations plates dans la vie…

De petits bars où sont présentés de bons spectacles ferment leurs portes faute de moyens, de petits disquaires indépendants mettent la clé sous la porte et le même genre de situation se produit aussi du côté littéraire, cinématographique ou autre. C’est malheureux et on pourra chialer longtemps sur le fait que les différents paliers gouvernementaux offrent peu d’aide à ces petits lieux de diffusion ou de vente, mais nous pouvons aussi agir à titre personnel. C’est ce que nous propose l’équipe derrière le Centre Psychotronique Blue Sunshine, ouvert à l’été 2010 mais qui souffre déjà d’insuffisance cardiaque.

À moins d’une remontée budgétaire flagrante dans les mois à venir, le centre cinématographique Blue Sunshine – salle sise dans un appartement de la rue Saint-Laurent, à la hauteur de Prince-Arthur – fermera ses portes début juin 2011. Je vous laisse lire le message que les membres du groupe Facebook du Blue Sunshine ont reçu le 22 février dernier de la part de David Bertrand et Kier-La Janisse, les propriétaires et fondateurs du cinéma indépendant de la rue Saint-Laurent.

(Il n’y a qu’une version en anglais, désolée! Mais vous saisirez l’essentiel avec l’explication qui suivra leur texte.)

Hey Blue Sunshine believers,

This isn’t an easy message to write, but here goes:

Despite the often overwhelming love and support from you all over the last 8 months for what we’ve been doing with Blue Sunshine, the financial burdens, huge rent demands, and heavy bills are just too much to bear on a monthly basis, and Dave and Kier-La’s wallets and credit sources are now dry, to the point where it isn’t looking very reasonable to continue Blue Sunshine for much longer. We should clarify that we didn’t walk into this business blind – we both have experience as programmers, operating/managing venues and festivals and the like, and were fully prepared to take a big financial hit to get this thing we love off the ground, but what we didn’t count on was how badly we’d be misled by the local bureaucracy and corrupt contractors, which have made it impossible to operate to our fullest capacity, or advertise properly, or apply for funding and sponsorship opportunities that I otherwise believe we’d be eligible for.

So we’ve gotta face the facts, that unless there is a serious turn-around in our financial fortunes in the next month or two, we’re going to look into subletting our building and giving it up. Suggestions and action-taking are very welcome: fundraising events, grant or investment opportunities that we haven’t thought of, even recommendations for further outside gainful employment so that the two of us can continue to bankroll Blue Sunshine’s operations (which is what we do currently). But yeah, even though we have many incredible and packed nights here, I think we’ve realized that our small capacity room needs to be sold out pretty much every single night if we hope to break even. So, your support and attendance means an awful lot, and your help in spreading the word means an awful lot too.

So that is where we’re at. Hope to see you here this weekend for our 100th screening (!!!) on Thursday night, with the wicked Don Letts documentary SUPERSTONIC SOUND: THE REBEL DREAD, and two more incredible nights of 16mm magic from our good buds at Trash Palace, with Jim Brown as a Black sheriff who takes charge of a white small town in the incredible TICK… TICK… TICK… on Friday, and Godfrey Cambridge as a white bigot who wakes up a Black man in Melvin Van Peebles’ WATERMELON MAN on Saturday…

Thank you,

Dave & Kier-La


Ainsi, il est possible que tout s’arrange mais il est probable que ce ne soit pas le cas si une solution à long terme n’est pas développée. Le diffuseur de films psychotroniques – genre qui rassemble le cinéma d’horreur, les western spaghettis ou autres petits films indépendants aux budgets anémiques – tente cependant, avec l’aide du bar L’Esco, de survivre pour un, deux mois, en attendant de trouver un plan à plus long terme. Si le coût de la soirée est minime, c’est qu’il s’adapte aux coûts habituels d’entrée au Blue Sunshine (environ 5$).

Je vous encourage à vous rendre au spectacle mais aussi à aller directement au Blue Sunshine pour visionner l’un de leurs nombreux «films du jour» (les vendredi, samedi et dimanche), tout en admirant l’exposition mensuelle (le mois dernier, nous avons eu droit à une belle collection d’objets, textes, photos et peintures en lien avec le Mois de l’Histoire des Noirs). Le Blue Sunshine abrite aussi le Miskatonic Institute of Horror Studies, et il est possible de louer la salle pour certains événements. Vous pouvez aussi faire un don ou parrainer un film!

Le spectacle se tiendra à L’Esco, un autre petit lieu de diffusion bien implanté dans la vie culturelle montréalaise (depuis maintenant 11 ans!). Dès 22h30, ce jeudi 10 mars. On y retrouvera Sonic Avenues, Naughty Girls, Shortpants Romance, Genitall Hospital et Currents (en provenance d’Ottawa). On vous demandera un maigre 7$ pour tout ça, et ce sera pour une bonne cause culturelle.

Le centre de diffusion tire son nom du film de Jeff Lieberman (datant de 1976).

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Pourquoi faire, un slogan? J'vends pas d'chars...

Julie Ledoux