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Baz'Art Virtuel

Le fleuve en huile – Tire le coyote : retour sur lancement et critique disque

Julie Ledoux
30 mars 2011

L’année dernière, l’équipe de Bang Bang déléguée aux quatorzièmes Francouvertes avait été charmée quatre fois plutôt qu’une par les pièces blues/folk/mélancoliques de Benoît Pinette. On attendait tous avec impatience le premier album complet de l’artiste à la voix similaire à celle de Neil Young.

Hier, au Quai des brumes, Tire le coyote lançait pour une seconde fois (mais une première à Montréal) Le fleuve en huile, premier album complet pour l’artiste résidant à Québec. En commençant en force avec «Confetti 1», appuyé par Dany Placard à la guitare et Chantal Archambault aux chœurs, la longue pièce a soufflé la foule (et moi-même) avec ses riches accords et arrangements, poursuivant sur «Confetti 2» avec ses guitares fabuleuses et les harmonies vocales poignantes. À la deuxième pièce, «Fanny», j’ai calé ma bière pour faire semblant que je n’étais pas trop émue par l’interprétation de Benoît Pinette et ses acolytes. J’étais peut-être fatiguée, mais toute la fougue de «Confetti 1 et 2» et la douceur de «Fanny» m’ont fait croire que j’avais peut-être quelque chose dans l’œil

Puis, la country-rock «À l’abri (dans l’bois)» m’a calmée un peu et faisait taper du pied la foule autant que moi. Tire le coyote et ses musiciens ont poursuivi avec les «Sur la ligne» et «Gaz de tête». Enfin, je crois que c’est tout mais j’en ai peut-être oublié une… Pour ceux qui ont vu Tire le coyote en spectacle après les Francouvertes 2010 (dans le coin de Québec ou à Montréal, le 18 mars dernier), vous avez pu apprécier la nouvelle composition de son groupe. Et je dois avouer que la complicité semble vraiment bien installée depuis l’arrivée de David Cimon et Nicholas Pinette qui sont venus prêter mains fortes à Benoît «Shampouing» Villeneuve qui se concentre maintenant sur la guitare, laquelle il maîtrise incroyablement bien. Même sur des pièces plus country, voire blues, la guitare de Shampouing se fait power rock. Et ça cadre bien, oh oui.

Crédit photo : Martin Bureau

Le fleuve en huile – Tire le coyote

Oscillant entre le rock, le blues, le folk et le country, Tire le coyote présente une variété musicale qui interpelle. Certains diront que le genre n’est pas renouvelé. Pour ma part, je tempèrerais en affirmant que tous ces genres sont superbement maîtrisés et que la richesse des arrangements et instrumentations des douze pièces sont la preuve que Benoît Pinette a atteint son but.  Avec «À l’abri», on tape du pied, on fredonne ce country-folk de road trip; avec «Fanny», on se prend à écouter surtout les paroles simples et poignantes; «Confetti 1 et 2» constituent l’apport épique de l’album; tandis que «La complainte du cowboy» nous rappelle que Pinette peut composer de belles pièces tirant sur le blues.

La fascination pour les grands espaces est palpable (L’Isle aux Coudres sur «Le fantôme du Ste-Berthe», la forêt sur «À l’abri»), de même que celle des réflexions amoureuses, mais on ressort moins triste de cette écoute que de celle du EP précédent. On prend la juste mesure du talent de réalisateur de Dany Placard (Encore une fois!) et on apprécie la justesse de l’interprétation des musiciens de Tire le coyote, de même que les textes de Benoît Pinette qui atteignent toujours leur cible, glissant sur le fleuve en huile.

Ma cote d’amour : ****

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