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Baz'Art Virtuel

Rentrée réussie pour une 10e édition du Jamais Lu qui promet!

Julie Ledoux
30 avril 2011

C’est hier soir, O Patro Vys, que débutait la 10e édition du Festival du Jamais Lu, avec en ouverture, une soirée autour du thème de l’édition 2011… version modifiée : Jusqu’où te mènera ta langue, tu suite ? Avec Martin Faucher à la barre de la mise en scène et de la construction de cette soirée, dix auteurs ont lu ou fait lire leurs textes par cinq comédiens qui ont rendu justice à ces textes pas toujours simples, pas toujours polis, mais résolument vrais et forts.

Écrits dans les dernières semaines seulement, les prises de parole des auteurs étaient lues en cycles, intercalés des textes de leurs collègues, de présentations variées de dix mots laids ou sales ou qui font mal, ou encore dix mots beaux, qui font du bien. Certes, la langue n’était certainement pas dans la poche d’aucun auteur et c’est ce qui était rafraîchissant dans les lectures. Certaines thématiques – évidemment – se recoupaient. On a entendu la mise à mort de Harper et son gouvernement conservateur (chez Fanny Britt, par exemple), et celle de Twitter et Facebook à quelques reprises, mais on a aussi entendu la volonté de créer de ces auteurs qui ne la mâchent pas, leur langue. Une volonté qu’on prend souvent pour acquis, même si la plupart des créateurs de théâtre doivent – comme la plupart des créateurs – être rongés par l’administration (dixit Olivier Choinière).

Enfin, la soirée d’ouverture, longue, chaude, foisonnante et mélancolique, aura permis de découvrir ou redécouvrir des auteurs qu’on connaît ou qu’on aimerait connaître. Pour ma part, quelques amourettes en sont ressorties, pour les textes d’Emmanuelle Jimenez, Catherine Léger, Maryline Perreault, Sébastien David et Olivier Choinière. Pour d’autres, ce fût sans doute les textes de Fanny Britt, Jean-François Nadeau ou Philippe Ducros, ou encore Annick Lefebvre ou Dominick Parenteau-Leboeuf. Avec tous ces textes et auteurs, on peut se dire, sans craindre les rires narquois, que notre langue n’est pas morte, loin de là. Notre langue est vivante et elle bouge au-delà de nos attentes et de nos rêves.

Les cinq acteurs qui ont interprété la plupart des textes des dix auteurs, ont relevé un défi de taille, tant dans le travail physique que celui de l’interprétation qui se devait de bien libérer la prise de parole des auteurs. Relevé avec brio par Dany Boudreault, Philippe Cousineau, Ève Landry, Hubert Lemire et Marie-Ève Pelletier, et accompagné par deux musiciens (dont Gaël  Lane Lépine… et une demoiselle dont je n’ai pas su le nom!), le défi a été réussi d’un bout à l’autre. J’ai, pour ma part, été épatée par les interprétations d’Ève Landry et Hubert Lemire que je connaissais peu encore.

Bref, personne n’est demeuré indifférent à la suite de cette soirée haute en couleurs! Le 10e Jamais Lu promet d’être intrigant et assurément révélateur du théâtre d’aujourd’hui!

Philippe Cousineau

De gauche à droite: Marie-Ève Pelletier, Dany Boudreault, Ève Landry, Hubert Lemire et Philippe Cousineau

Acteurs, auteurs et metteur en scène de la soirée d'ouverture du Jamais Lu 2011

La fête se poursuit ce soir, toujours O Patro Vys (356, avenue du Mont-Royal Est) avec, dès 17h, une table ronde du centre des auteurs dramatiques (CEAD) sur la question Qu’est-ce qui délie la langue du théâtre enfance-jeunesse au Québec ?, puis à 20h, la création de Mathieu Gosselin (du Théâtre de la Banquette Arrière, entre autres) Province, sera présentée sur scène. Un compte-rendu à venir, de ma collègue Rachel Gamache.

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Pourquoi faire, un slogan? J'vends pas d'chars...

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