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Baz'Art Virtuel

LOL_ITA et Tobacco au Festival du Jamais Lu: entre deux chaises et deux cigarettes

Julie Ledoux
5 mai 2011

C’est dans un O Patro Výš encore une fois bondé que les inconditionnels et néophytes du Jamais Lu se sont pressés, mercredi soir, pour découvrir les mises en lecture de deux jeunes auteurs, Catherine Levasseur-Terrien et André Gélineau.

LOL_ITA

C’est dans une mise en lecture/en scène de David Gauchard de la compagnie française L’Unijambiste que ARM, Emmanuelle Hiron (Charlotte, la mère de Lolita), Ève Landry (Lolita) et Michel Mongeau (Mister H.) ont narré et joué la création de Catherine Levasseur-Terrien. Le poète Monsieur H. est mort avant que son procès ait lieu. Ce procès, on en saura peu. On comprendra qu’il aura tenté d’assassiner la mère de Lolita, qu’il avait pris comme épouse, tout en fantasmant sur cette petite fille de 12 ans qui n’avait pas de père. Le testament de Mister H. nous est livré par un enregistrement sur magnétophone, dont la confession révèle l’amour que H. portait à Lolita.

Affirmer qu’il s’agissait d’une mise en lecture serait plutôt saugrenu. La narration de ARM a enrobé la performance muette des acteurs dont les personnages racontaient leur histoire par l’entremise d’enregistrements. Le texte, oscillant entre le français et l’anglais, rappelle les grands moments de l’histoire commune de Monsieur H., Charlotte et Lolita. Si l’on se pose beaucoup de questions en début de présentation (Vont-ils parler ? Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi a-t-il tenté d’assassiner la mère ? etc.), cette divagation cause un ralentissement dans l’esprit du spectateur, ralentissement qui fait en sorte qu’on s’échappe de ce à quoi on assiste, qui ne nous permet pas d’embarquer à bord du drame. Cela dit, il semble que lorsque la musique entre dans la danse de Lolita, Mister H. et Charlotte, le tout prend son sens. Entre extraits enregistrés, mouvements lents et sensuels sur scène, musique qui martèle ou enveloppe, les trois acteurs nous permettent de saisir l’imposante tension de ce triangle amoureux. La narration grave du rappeur ARM invite, elle aussi, à subir le drame.

Tobacco

Après le drame de LOL_ITA, on vire vers l’humour (parfois dramatique) d’André Gélineau et de son Tobacco. Dirigés par Normand Chouinard, les six acteurs (Maxime Béliveau, Richard Fréchette, Lysanne Gallant – qui s’occupe aussi de narrer pendant une bonne partie de la pièce -, André Gélineau, Marie-Pier Labrecque et Alexandre Leclerc) en présence ont offert un bel avant-goût de la cinquième pièce de Gélineau. Quatre adolescents sont assignés à des rencontres hebdomadaires avec un animateur de pastorale dont le passé est plutôt nébuleux et le présent, grandement influencé par les crottes de fromage et le Professeur Keating, interprété par Robin Williams dans La Société des Poètes disparus. Dans le but de convaincre les quatre adolescents de le suivre dans ses projets, il utilisera le tabac comme monnaie d’échange. Une présence assidue = une cigarette.

Pour la première fois, une création de Gélineau fût présentée à Montréal et je dois dire qu’il était temps puisque l’auteur regorge de talent brut. Si les métaphores sont parfois multipliées et plaquées dans les descriptions, il reste que l’idée est simple et bien exploitée. On y découvre quatre facettes de l’adolescence qui se termine, motivées par la découverte de la poésie et de ses possibilités. Je n’en dis pas plus puisque nous aurons la chance de découvrir la pièce montée et à son plein potentiel en octobre prochain, à Sherbrooke. À suivre…

Trois mises en lecture se partageront la soirée, en ce jeudi 5 mai. Dès 17h, Philippe Boutin – lauréat de l’Égrégore, un prix du RIASQ (Réseau Intercollégial des Activités Socioculturelles du Québec) – présentera Je crie souvent dans la nuit et toi aussi à l’heure où tout le monde dort mais je ne t’entends pas, dans une mise en scène/lecture de Michel-Maxime Legault où cinq interprètes se partageront la scène. Puis, à 20h, La Demoiselle en blanc de Dominique Parenteau-Leboeuf sera présentée, toujours O Patro Výš. Enfin, vers 22h, c’est ARM (qui évolue avec le groupe rap Psykick Lyrikah) – qu’on a entendu hier soir, narrer la pièce de Catherine Levasseur-Terrien – qui nous offrira une prestation musicale, dans le cadre d’un concert-cadeau de l’équipe de L’Unijambiste, en visite à Montréal pour le Jamais Lu. À ne pas manquer! (Et, encore une fois, on vous suggère de réserver à l’avance!)

Crédit photos : Thomas Bilodeau-Blain

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