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Baz'Art Virtuel

La Demoiselle en blanc au Jamais Lu : remonter le temps sur pellicule

Julie Ledoux
7 mai 2011

La très productive et reconnue Dominique Parenteau-Lebeuf nous a offert, jeudi soir, une entrée privilégiée dans l’Histoire du XXe siècle.

Magnifiquement racontée, l’histoire de la Demoiselle en blanc nous transporte jusqu’à Berlin, en 1933, année où débute l’aventure. Difficile de raconter l’histoire de la Demoiselle sans diminuer la forte et puissante écriture de Parenteau-Lebeuf. Allons-y avec les faits, donc.

Zoom en novembre 2009, 20 ans après la chute du mur de Berlin.

Un immeuble est sur le point d’être démoli, tout juste à l’est de l’ancienne frontière indésirable entre la RFA et la RDA. À l’intérieur de cet immeuble se trouve une chambre noire abandonnée depuis des décennies par son photographe.

Flashback en 1933.

Le photographe en question est en vacances sur une île au nord de l’Allemagne. Navy Morisson, jeune adolescente Anglaise est photographiée à son insu par ce créateur d’images. Devenue négatif sur une pellicule, la Demoiselle en blanc devient alors l’inverse d’elle-même. On suivra donc la conscience de la Demoiselle négative, tout au long de son aventure dans la chambre noire de son photographe, abandonnée par ce dernier parti en vacances aux Baléares avec son amante, toujours en 1933.

Jamais développée par son créateur, la Demoiselle en blanc tentera de patienter jusqu’au retour du photographe et jusqu’à son jour de gloire, malgré sa frustration. Laissée dans l’incompréhension du départ et de l’abandon, la pellicule passera 28 000 nuits à attendre le retour de son maître. Au fil du temps, elle passera les années à compter ces nuits, tout en assistant aux conflit armés du XXe siècle. En commençant par la montée du nazisme et la Seconde Guerre mondiale, l’aventure se poursuivra avec la condamnation des S.S. et autres criminels contre l’humanité, les belles années d’Après-guerre, le rock’n’roll et le twist, l’élévation du mur de Berlin et sa chute, la Guerre d’Irak, les années 90 et le Rwanda, et les années 2000.

Tout au long de ces années de guerre, de joies, de vie et de mort, plusieurs personnages feront irruption dans la chambre noire, y laissant à chaque fois une partie d’eux-mêmes, pour y prendre ensuite un élément et poursuivre leur route. De belles images de trahison, d’amour, de solidarité et d’humour. On le comprendra, le photographe n’aura jamais remis les pieds en Allemagne après son départ en vacances et le développement de la Demoiselle en blanc ne pourra se faire entre ses mains. Sans vous vendre la mèche, je pourrais sans doute dire que tout est bien qui finit bien (facile, non?).

Cela dit, l’interprétation de Sophie Desmarais et Guillaume Champoux, de même que la narration de Markita Boies (et sa mise en lecture), promettent un bel avenir à cette création de Dominique Parenteau-Lebeuf et, ne connaissant pas encore le travail de cette auteure avant le Jamais Lu, je souhaite ardemment que cette pièce soit montée dans la prochaine année pour qu’elle puisse être appréciée par un public qui y trouvera une merveille d’écriture.

Ce soir, c’est la fin pour le 10e Jamais Lu. Si vous n’y êtes pas déjà, go! Go! Go! Sinon, on se revoit l’année prochaine!

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