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Baz'Art Virtuel

FMEAT 2011 – Jour 4 et retour au bercail : Boogers, Alaclair Ensemble et les lunettes de Webster

Julie Ledoux
5 septembre 2011

Dimanche gris et froid sur Rouyn-Noranda. Pas de panique! La programmation du FME nous a sorti de notre lendemain de veille et propulsé vers de nouveaux plaisirs musicaux.

En 5 à 7, après avoir capté quelques pièces de Mark Berube and the Patriotic Few chez Bob (très bien rendues, soit dit en passant), c’est le français Boogers qui a attiré mon attention. Bien qu’il chante en anglais avec un accent appuyé et que cela puisse rebuter certains, j’ai particulièrement apprécié ses frasques et sa musique électro-pop-rock. Un jeu de lumières venait mettre en valeur ses loops et riffs de guitare crachés au visage d’un Groove un peu frileux. C’est une chance qu’il ait apporté un bon vin de Bordeaux dans ses bagages : en souhaitant créer un patrimoine génétique mi-Québécois, mi-Français, les spectateurs ont partagé le grand cru, à même le goulot. Au diable, la gêne, non? Avec ses propres versions de classiques, dont Creep de Radiohead, mêlées à ses compos originales, son humour gêné et cabotin, Boogers – alias Stéphane Charasse – m’a plu et réveillée!

C’est à la soirée hip hop – qui rime avec «sécurité maximale» au FME – que je me suis ensuite dirigée, pour y voir Webster, Alaclair Ensemble et Manu Militari. Avec la température très fraîche et incertaine, le spectacle initialement prévu sur la 7e rue, à l’extérieur, a été déplacé au Paramount. Dans un passé pas si lointain, la salle accueillait certains spectacles du festival, mais n’en présentait pas officiellement au cours des deux dernières années. Donc, elle était contente, la fille, de pouvoir enfin découvrir cette salle dont on lui avait tant parlé.

C’est Webster qui a réchauffé la salle, encore assez vide à son arrivée. Le rappeur engagé a très bien fait son travail, malgré une sonorisation un peu déficiente au niveau de la voix et une petite grippe qui le tenaillait. Mentions spéciales pour son morceau nous racontant l’histoire de l’esclavagisme au Québec et ses lunettes. Je sais, c’est idiot de mentionner les lunettes, mais ça m’a marqué, bon. J’ai du respect pour ce gars-là, cet intello du rap québécois. Puis, c’est le gros party Bas-Canadien d’Alaclair Ensemble qui a fait surface sur la scène du Paramount. Ouf! De l’énergie à revendre, des MCs rapides et efficaces en les personnes de KenLo, Maybe Watson, Ogden et Emman. D’ailleurs, Ogden, on s’entend qu’un c’t'un fou du flow? Épuisant et rigolo, c’est franchement impressionnant de le voir aller! Coup de foudre pour KenLo qui a aussi rappé avec Webster, en première partie. Bref, gros party avec les gars d’Alaclair Ensemble, d’autant plus qu’ils étaient neuf sur scène… dont trois aux consoles (sous la direction de Claude Bégin qui, tout comme Eman, jouait avec Karim Ouellet à l’Agora des Arts, quelques minutes avant d’entrer en scène au Paramount!). Nécessaire d’avoir trois garçons pour s’en occuper, de ces consoles? Pas certaine, d’autant plus qu’ils faisaient plutôt office de danseurs et amuseurs, autour des MCs. Mais bon, il semble que cela cadrait dans l’esprit communautaire d’Alaclair Ensemble.

Après avoir fait lever le party dans le Paramount, l’ensemble a cédé la place à Manu Militari que les fans attendaient impatiemment. Bien que ses pièces soient très bien composées et orchestrées, le manque de charisme et les morceaux plus sombres du rappeur m’ont fait un peu décrocher. Alors que les garçons d’Alaclair Ensemble s’amusaient à dédramatiser la vie, Militari s’engageait dans la voie opposée. Je crois que je n’étais tout simplement pas (plus?) dans cet esprit plus introspectif. Dommage car j’aurais aimé l’être pour comprendre la foule qui semblait franchement apprécier la présence de Manu Militari et rappait aussi fort que lui! On se reprendra, Manu!

C’est ainsi que s’est conclu mon second Festival de Musique Émergente, en Abitibi Témiscamingue. J’ai sincèrement passé un beau week-end, tant en ville qu’au Camp Fatima, le plus éloigné des deux repères d’artistes et de gens des médias. Une programmation intéressante et variée a su me séduire et me donner des coups de foudre à chaque jour. Un peu électrocutée, je reprends mes esprits – après 8 heures de route – et vous gâterai de quelques entrevues dans les prochains jours!

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