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Baz'Art Virtuel

FML 2012 : Caligula (remix) au Gésù (ou chuchoter en criant)

Julie Ledoux
17 février 2012

Il serait sans doute vain de vous dire à quel point cette pièce a marqué l’imaginaire théâtral des dernières années, au Québec. Si la pièce a été nommée «Meilleur spectacle de théâtre de l’année 2010 par Christian Saint-Pierre et Philippe Couture du Journal Voir», ce n’est pas étonnant qu’elle soit de retour pour trois soirs seulement, pendant le Festival Montréal en Lumière.

Hier, j’ai entendu quelque chose de très drôle à la radio : «Caligula (remix), c’est vraiment l’idée que j’ai du théâtre contemporain». Ben kin. Tell me more, like does he have a car? Ou encore «le texte de Camus est très-très-très classique». Ah, ok, ‘scuse, je pensais qu’une pièce qui parle de Caius Augustus Germanicus, dit Caligula, troisième Empereur romain, c’était proche de ce que Tremblay faisait avec les Belles-Soeurs. Passons.

Bref, cette pièce m’a profondément bouleversée non pas parce qu’elle est «contemporaine», mais plutôt parce qu’elle utilise tous les moyens mis à la disposition du théâtre d’aujourd’hui pour en créer un moment d’émotion torturée ainsi qu’un travail sonore impressionnant.

Huit acteurs forment le choeur. Un autre sera le coryphée. Il deviendra le chef d’orchestre d’une symphonie vocale, relatant la vie et l’esprit de Caligula. Ce dernier, interprété par Emmanuel Schwartz est aussi le metteur en scène de cette pièce, forte en mots et en douleurs. Schwartz est grandiose, puissant dans sa faiblesse.

Ce comédien au faciès plus doux que son jeu, impressionne par sa force vocale et physique, portant le rôle de Caligula, dans tout son marasme et sa douleur. Autour, se dessinent les moments marquants de sa vie et de son règne, gravitant autour de sa relation incestueuse avec sa soeur, Drusilla, dont la mort traumatisera Caligula, «l’empereur fou».

Coup de coeur encore une fois pour Ève Landry, dont le jeu ne cesse de me happer. Espérons qu’elle soit de retour au Festival du Jamais Lu, cette année, car sa présence et sa spontanéité font d’elle une actrice redoutable. Je note Schwartz et Landry, mais toute la brochette d’acteurs présents était à la hauteur des attentes : juste, rythmé, naturel dans leur organisation, leur jeu ne dépassait pas du cadre qui leur était imposé et offrait un support parfait à ceux qui prenait la parole, selon le bon vouloir du coryphée.

Allez, courez acheter un billet pour voir ou revoir Caligula (remix), ce soir, peut-être pour une dernière fois. Admirez ce décor sobre, ces fameux mixages sonores des voix du choeur, des sons émis, ces jeux de lumière foudroyants, et la présence forte, étouffante et magistrale d’Emmanuel Schwartz, ce Caligula des Temps Modernes, mené par la mise en scène et l’adaptation de Marc Beaupré.

De celui-ci, j’attends avec impatience ses prochains travaux, soit Dom Juan_uncensored et L’iliade_showdown. Ces adaptations, jumelant le théâtre, la musique et le battle rap piquent déjà ma curiosité. À suivre.

Cote Ledoux : 4,4/5

www.legesu.com/spectacles/caligula-remix

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