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Baz'Art Virtuel

«L’or des autres»: la mine > le peuple ?

Julie Ledoux
17 février 2012

Vous avez déjà pris la 117, vers le nord, passé les Laurentides? Encore plus loin, passé Val d’Or? Alors, vous avez sans doute déjà vu le mur, à Malartic. Ce mur de roches, maintenant recouvert d’herbes en été et de neige en hiver, séparant la ville de la plus grande mine d’or à ciel ouvert au Canada.

En quelques années, la ville de Malartic, en Abitibi a été complètement transformée. L’entreprise minière Osisko est venue s’y installer, créant tout un émoi au sein de la population et des élus.

La loi sur les mines autorise encore aujourd’hui – par les trous et erreurs qu’elle contient – les compagnies minières à s’installer où les gisements se trouvent, souvent au détriment de la population qui occupe le territoire. la loi priorise le droit d’exploiter les ressources souterraines plutôt que le droit à la propriété.

C’est principalement ce qui est survenu à Malartic alors qu’une grande partie de la population –  du quartier sud de la ville – a dû vendre terrains, maisons et souvenirs à la minière Osisko. Certains ont été relocalisés au nord de la ville. 250 maisons ont été ainsi détruites ou déménagées par la compagnie, depuis trois ans. Certains propriétaires y ont trouvé leur compte, en demandant des améliorations à leurs maisons et certains dédomagements, d’autres, ont perdu au change… si change il y eut.

Le documentaire L’or des autres, de Simon Plouffe, d’une durée de 60 minutes, nous entraîne dans la vie de d’une dizaine de déplacés et expropriés, enchaînant les portraits et les évènements à portée dramatique. Plouffe, de son propre aveu, souhaitait porter un regard personnel sur ce déplacement de population, et dénoncer les injustices commises par la minière.

En résulte un portrait touchant de ces Robert Rousson, Cécile Buscemi, Myriam Germain-Sylvain et autres Yvan Trudel. Certains sont plus bavards, d’autres plus tristes, certains voient des avantages à la venue de la minière, d’autres refusent le départ, comme Ken Massé dont les paroles et gestes ont fait les manchettes pendant plusieurs mois, jusqu’à son expropriation définitive, aux mains d’agents de la SQ.

Bien que le documentaire ne soit qu’un premier pas sur une étude qu’il faudrait mener à long terme, sur les effets d’un tel déplacement de population, les images sont marquantes et déchirantes. Voir Robert Rousson assister à la destruction – et non pas au démantèlement puisque rien n’a été récupéré – d’une des deux écoles du quartier sud, en plein hiver, vient toucher une corde sensible mais aussi l’instinct écologique : cette destruction et ce déplacement auraient-ils pu être faits autrement, dans un plus grand respect des habitants et de l’environnement? Sans aucun doute. Et pourquoi tous les paliers de gouvernement ont-ils agi avec ce laisser-aller qui les caractérisent? L’appât du gain? Mais de quel gain, puisque les profits ne serviront pas les intérêts du Québec ni de Malartic, en bonne partie?

Bien entendu, il reste qu’il faudrait considérer un autre côté de la médaille qu’on voit peu dans ce documentaire, par choix. Il n’est fait mention des emplois créés et de la construction du quartier nord, par la minière, avec écoles, terrains de jeux, etc., de même que des retombées pour la ville.

Deux côtés d’une médaille qui demanderait à être polie un peu plus, pour découvrir ce qui se cache sous cette couche de poussière.

À voir: L’or des autres, par Simon Plouffe, 60 minutes.

Pour un aperçu du quartier déménagé et détruit, ainsi qu’un plan de la mine, rendez-vous vers les pages 13 à 15. De beaux plans qui illustrent bien les mouvements de population.

www.lordesautres.com

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