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Baz'Art Virtuel

31e RVCQ – Programme exploration : retour dans l’espace et le temps

Julie Ledoux
27 février 2013

Lundi soir, entre une journée au boulot en plein deadline et une soirée aux Francouvertes, un saut aux Rendez-vous du cinéma québécois s’imposait, pour le programme Exploration; programme qui, par son appellation, me permettait de croire que j’en aurais, des affaires à dire, après avoir vu ces huit courts métrages.

Oui et non, en fait.

Certains m’ont laissée un peu pantoise. Je pense ici à Ping Pong de Frederico Cuartas et Alexandre Prieur-Grenier qui nous invite dans le monde intérieur d’un joueur de ping pong, entre réalité et onirisme, mais qui traîne en longueur sans pour autant nous faire vivre la pression d’un événement sportif, et qui force l’allusion à Eyes Wide Shut. Sans doute trop cérébral pour ma vision de la chose.

Je pense ici aussi à Reflexions de Martin Thibaudeau qui malgré un brillant jeu de réflexions entre la caméra et les objets réfléchissants présents à un enterrement, laisse entrevoir un scénario un brin convenu.

Je pense enfin à Maxlove de David Paré qui propose une nouvelle assez punchée pour en faire un court, mais qui prend vraiment son sweet time pour poser les bases de l’histoire, en plus d’être encadré d’une narration monotone.

Certains courts présentés lundi ont cependant tiré leur épingle du jeu. Qu’il s’agisse d’une technique de travail unique en son genre, d’une exploration visuelle ou d’un scénario intrigant.

Santiago Menghini présentait deux courts métrages, lors de ce programme, soit Glimpscapes et Voyager.

Ces deux «courts courts» d’environ 4 minutes chacun proposent des voyages dans le temps et l’espace, mais aussi des voyages visuellement travaillés, qu’il s’agisse d’animation, d’un regard volé d’un moment d’infinie beauté, d’un clin d’oeil au quotidien technologique ou encore d’un voyage dans l’univers en compagnie de la navette Voyager 1.

De son côté, Anata O Korosu de Philippe David Gagné et Jean-Marc E. Roy profitait d’un scénario intrigant et déstabilisant, en plus de mettre le spectateur dans la peau du personnage principal, revêtant sa peur et son désir. Un court qu’on pourrait facilement voir se transposer en long métrage, avec un scénario plus étoffé. Never know…

Le court d’animation Le cosmos sauvera le peuple nous plonge dans une histoire nous ramenant dans la Russie de Youri Gagarine, à l’époque où ce dernier effectuait un vol à bord de Vostok 1, en 1961, et revenait sur Terre de manière très dangereuse, perdant tout contact radio pendant de nombreuses minutes, et atterrissant dans un champ de patates près de la Volga. L’histoire que Patrick Lapierre nous présente ici est celle de la paysanne et de sa petite-fille qui ont été les premières à voir Gagarine revenir sur Terre, ce jour-là, dans leur champ. Un court d’animation qui nous entraîne dans le rêve de cette petite-fille qui déteste les patates.

Enfin, Le grand ailleurs et le petit ici, de Michèle Lemieux, est un petit bijou de court, de près de 15 minutes. En 4 temps, la réalisatrice, par l’entremise d’un homme d’un certain âge, un brin confortable, réfléchit et médite sur le sens de la vie et du monde. «Dans son petit ici, il veut trouver la clé donnant accès aux mystères du grand ailleurs.» En travaillant avec l’unique exemplaire fonctionnel de l’Écran d’épingles Alexeïeff-Parker – qui se trouve à l’ONF -, Lemieux crée un univers brossé, en noir et blanc, animé par l’entremise d’un jeu d’ombres qui lui-même est actionné par 240 000 épingles maniées par la réalisatrice. Un travail de moine s’il en est un, mais qui livre la marchandise, au bout du compte. (Visionnez la bande-annonce sur le site de l’ONF. Le court y sera bientôt offert en visionnement intégral.)

Les Rendez-vous du cinéma québécois se poursuivent jusqu’au dimanche 3 mars.

www.rvcq.com/festival-31e

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