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Baz'Art Virtuel

Retour sur le 17e Regard sur le court métrage au Saguenay – Jour 4 – Partie 1 – Programme 3

Julie Ledoux
24 mars 2013

J’avais envie de revenir sur le Q&A à la fin de du programme Indie Lisboa, qui eut lieu vendredi dernier, à Chicoutimi, mais un autre 24h à déchiffrer mes notes et les réponses pertinentes de Possidónio Cachapa – programmateur senior du festival Indie Lisboa – me seront nécessaire pour pondre quelque chose d’intelligent. On s’en reparle. De toute manière, le court métrage, ‘faudrait penser à ça tous les jours de notre vie. Ça pis se brosser les dents.

Bref, j’étais à Regard, et le samedi après-midi, au lieu de jouer dehors par -25 au soleil pétant mais frette, je suis allée me terrer dans le Petit Théâtre de l’UQAC pour assister à deux programmes, soit celui qui porte le charmant nom de «#3» et un autre, plus explicite, intitulé «Courts d’école» et présenté par l’INIS.

Évidemment, je suis arrivée en retard au #3, me perdant un peu dans une université que je n’avais jamais visitée, mais qui me donnait le goût d’y étudier.

Voice Over

J’ai pourtant pu voir la majorité de Voice Over, un court espagnol de José Martin Rosete, qui se déroule dans-la-tête-de-quelqu’un-mais-avec-un-narrateur-extérieur. Position intéressante et j’aimerais ne pas vous voler le punch parce qu’il y en a un, oh oui. Et ce n’est pas pour rien que ce court a remporté une panoplie de prix, depuis sa sortie, en 2012. Trois situations différentes, un seul narrateur qui saute d’une histoire à l’autre. Tour à tour, nous serons l’astronaute à bout de souffle qui atteint la limite de son oxygène, sur une planète inconnue; nous serons le soldat de la Première Guerre mondiale, l’artificier qui va mourir et qui doit enclencher le détonateur, alors qu’il se vide de son sang; puis, nous serons un père de famille, un pêcheur parti taquiner le poisson et qui se retrouve coincé sous l’eau, attaché à sa barque qui vient de sombrer. Trois positions embêtantes, disons-le. Et qu’arrive-t-il, en bout de ligne, à ces trois personnages? Vous le découvrirez vous-mêmes, ci-dessous :

Gaspé CopperJona

Voilà le court qui m’a fait déplacer à l’UQAC, en ce dimanche après-midi. L’idée d’entrer dans l’univers d’une famille qui se doit de déménager et quitter Murdochville, en 1957, alors que le patriarche s’est épuisé à faire la grève, me «séduisait», d’une certaine manière. De plus, le court d’Alexis Fortier Gauthier n’avait encore été présenté qu’aux RVCQ, à Montréal, et à une soirée Prends ça court!, à Québec. 14 minutes bien remplies, où la compréhension des enfants de la grève et de ses conséquences est encore limitée, où un père de famille fourbu par le piquetage, les négociations et les rivalités doit prendre les meilleures décisions pour sa maisonnée, quittant ville, travail et terre, pour se rendre dans la capitale et y travailler. Ne pas être un scab, conserver sa fierté de travailleur. Un portrait réaliste et dur.

Gaspé Copper
peripheria.ca

Requiem pour une romance

Jonathan Ng proposait ce court d’animation, sur fond d’histoire d’amour en phase terminale. Un jeune homme et une jeune femme mettent fin à leur relation amoureuse, lors d’un appel téléphonique. La demoiselle, d’origine chinoise, doit se plier aux désirs de sa famille, traditionnelle, en se repliant sur un futur mariage arrangé. Sur ces voix hors champ, est calquée une animation épique, dans un décor de Chine féodale. Si les dialogues manquent de naturel et semblent forcés, l’animation, elle recèle de moments marquants et poignants.

Mila

Kristina Wagenbauer surprend avec ce court de 17 minutes, mettant en vedette une jeune fille, prise au coeur d’une vie familiale qui étire l’élastique au maximum. À dix ans, Mila profitera de l’anniversaire de son grand-père pour réaliser un projet électroacoustique. Le processus créatif d’une jeune artiste – sans doute et on le souhaite – qui utilise les crises familiales et le quotidien pour créer une oeuvre surprenante. Sensible et intelligent, le court Mila force la réflexion.

Délivre-moi

Présenté en première nord-américaine lors de Regard, le court belge Délivre-moi d’Antoine Duquesne, amène à se questionner sur la présence des fantômes du passé que l’on traîne avec soi. Sur fond de mort et de trahison, une jeune fille est témoin d’événements troublants qui façonneront sa vie. Tout y est une question d’angle et de révélations. À découvrir.

Le public de Regard semble avoir été du même avis puisque le court a remporté le Prix du public offert par la bière Cheval Blanc, soit 1000$ en argent.

Délivre-moi

Edmond était un âne

Récipiendaire de deux prix remis la dernière journée de Regard, le court d’animation de Franck Dion se joue à la manière d’un documentaire, avec interventions de personnages ayant joué un rôle dans la vie d’Edmond, travailleur acharné et intimidé par ses collègues qui n’apprécient pas son ardeur au travail, marié à une femme attentionnée, et ayant la phobie des ascenseurs. Un jour, après avoir collé un bonnet d’âne à la tête d’Edmond, ses collègues verront Edmond se transformer tranquillement, pour embrasser sa nouvelle personnalité qui semble le délivrer. Jouant avec les tons de gris, Edmond était un âne offre un portrait touchant d’un homme qui se confond avec la tapisserie, jusqu’au jour où des oreilles d’âne le font ressortir du lot.

Le court récolte les éloges et le prix partout où il passe, et c’est sans surprise qu’il a séduit le jury de Regard, d’où son créateur est reparti avec deux prix, celui du Grand Prix National (1000$ en argent) et celui du meilleur scénario (1000 $ en argent offert par la SARTEC).

www.edmondwasadonkey.com

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Retour sur le programme «Courts d’école» dans un prochain billet à venir bientôt bientôt, promis.

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Pourquoi faire, un slogan? J'vends pas d'chars...

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