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Baz'Art Virtuel

Retour sur le 17e Regard sur le court métrage au Saguenay – Jour 4 – Partie 2 – Programme Courts d’école

Julie Ledoux
24 mars 2013

Courts d’école – Session d’hiver

Je vous épargne l’intro que vous retrouverez ici.
Passons aux choses sérieuses : les «Courts d’école» qui étaient présentés à Regard, le samedi après-midi, à l’UQAC. Une bonne incursion dans l’univers des courts réalisés par des étudiants qui, malgré un jeune âge ou une carrière à venir, s’imposent déjà dans le décor du court métrage. Non, ce ne sont pas des «films d’école». Ce sont des mondes qui se révèlent.

Allah is Great
(Film and Television Institute of India)

Ce court de 25 minutes de l’Inde m’a fortement plu puisqu’il nous renvoie directement notre impatience et parfois, notre intolérance. Andrea Iannetta réalise un film où Frank, un ingénieur danois travaillant en Inde, et Salim, son chauffeur de taxi musulman, se retrouvent coincés par la vie elle-même, entre accidents de voiture, détours causés par des manifestation, croyances religieuses et aléas du voyage. Agréable, bien ficelé, ce long court de fiction va pourtant droit au but et nous pousse vers nos propres limites. Une belle leçon de vie qui met en relief l’importance du hasard et de la coincidence, qu’on peut aussi lier au mystère de la foi.

Sudenveistäjä / Le sculpteur de loup

Ce court de Finlande de Aino Suni met en scène Sulo, sculpteur solitaire, habitant à la campagne. Peu enclin aux effusions d’émotions et aux conventions sociales, l’homme bourru rend visite à son ex-femme, un jour, pour finalement tomber sur Venla, jeune femme de 18 ans, qu’on devinera rapidement être sa fille dont il ignorait l’existence. Avec une trame sonore inquiétante voire glauque, Sudenveistäjä apporte pourtant son lot de lumière, en découvrant cette relation naissante entre un père et sa fille, dont les vies sont carrément aux antipodes.

Des hommes à la mer
(UQÀM)

Campé autour de la Maison des marins de Montréal, ce court documentaire de Félix Lamarche permet de découvrir les lieux de rassemblement des marins de passage à Montréal. Qu’ils soient Philippins, Chinois, Danois, etc., ces hommes partis en mer, pour le meilleur et pour le pire, s’arrêtent à Montréal et tentent de communiquer avec leurs familles, de se changer les idées, avant de repartir sur les eaux internationales. Lamarche et ses collègues ont interrogé quelques marins de passage, sur plusieurs mois. Surprenant de constater qu’une majorité d’entre eux n’aiment pas nécessairement leur métier mais le font «en attendant» puisque le salaire est bon. Certains préfèrent cependant la vie solitaire du marin à celle du citadin pressé. Un portrait touchant que j’aimerais beaucoup voir se développer en moyen ou long métrage documentaire, puisqu’il s’agit d’un sujet franchement riche, qu’on connaît bien mal, même en résidant à Montréal. J’aurais pris certainement plus que 19 minutes de cette brève incursion dans l’univers de ces hommes à la mer.

Le court était en compétition lors des derniers RVCQ pour le Prix Journal Métro et, bien qu’il n’ait pas remporté le prix, une mention spéciale lui a été accordée.

June
(Némésis Films)

Richard, jeune homme fortement handicapé et dépendant de sa soeur Annie, tente de retenir cette dernière qui partira quelques mois en Afrique. Richard cache l’appareil-photo de sa soeur photographe et teste ses limites, tentant de la garder auprès de lui. Annie reviendra peut-être en juin, laissant son frère derrière elle, pour une période indéterminée. Culpabilité et liberté croisent dépendance et amour fraternel, dans ce court de Karim Haroun. Simple et admirable.

Festival du Nouveau Cinéma 2011 – Mention Spéciale du Jury

Joug

Ce court de 22 minutes de Benjamin Roy a été ajouté au dernier instant à la programmation de «Courts d’école» et les informations le concernant ne sont pas légion, puisqu’il a été complété en ce début d’année.

Deux frères cohabitent difficilement depuis l’accident qui a coûté la mobilité au plus jeune. Le plus vieux, junkie d’adrénaline et aveuglé devant le handicap de son frère, tente par tous les moyens de lui faire accomplir des activités plus hallucinantes les unes que les autres, lui causant de nombreuses blessures. Éventuellement, le plus jeune décidera – à la recommandation de son psychologue, effaré devant tant d’inconscience de la part du frère du jeune homme – de se rendre dans une maison adaptée à ses besoins, laissant son frère aîné derrière lui, désemparé et amer. Une intrigue intéressante et bien maîtrisée, mais des dialogues qui manquent parfois de naturel. Ce n’est pas parce qu’on crie que tout semble plus vrai.

Armadingen
(Academy of Media Arts Cologne)

Philipp Käßbohrer, avec Armadingen, signe un court de 23 minutes fort amusant, mais aussi intrigant, avec son judicieux mélange de fiction réaliste et de plans miniatures éclatés.

Walter vit avec sa femme sur une ferme isolée. Ils vivent des vies parallèles depuis des années. Quand il apprend à la radio de son tracteur qu’un astéroïde géant se dirige sur la Terre, il décide de faire en sorte que ce dernier jour soit le meilleur pour son épouse.

Alors qu’on se bidonne de voir deux vieux grincheux cohabiter depuis des années, sans vraiment entretenir de relation amoureuse, on se surprend à admirer le travail de Käßbohrer qui nous amène à éprouver une certaine empathie envers le vieux couple qui, à la veille de cet Armageddon, tentera de s’aimer à nouveau, lui volontairement et elle, entraînée par cet amour renouvelé puisqu’elle n’est pas consciente de cette fin du monde imminente. Là où l’humour rencontre l’amour, où un couple de vieux fermiers sont intimement liés à Bruce Willis.


Découvrez le making of du film, réalisé par Arte.

La trappe de Sophie B. Jacques et Head Over Heels de Timothy Reckart m’ont échappée puisqu’ils ont été présentés après une pause au cours de laquelle j’ai dû quitter le Petit Théâtre.

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