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Baz'Art Virtuel

POP Montréal 2013 – Murray A. Lightburn, le fantôme de l’opéra et cégep en spectacle

Julie Ledoux
27 septembre 2013

Hier soir, POP Montréal présentait Murray A. Lightburn’s MASS:LIGHT – An Electronic Pop Opera et c’est là que j’allais commencer et terminer ma soirée.

Cinq minutes après mon arrivée, le spectacle commence. Pas d’attente pour moi, même si je suis arrivée au moins 15 minutes après l’heure prévue du spectacle. Point Murray.

Deux choristes déguisés en anges (ailes comprises) et un batteur aux allures de moine satanique se trouvent sur scène lorsque le rideau est tiré pour la première fois. Au centre, un écran projette une image de Lightburn qui chante Motherfuckers, premier extrait de Mass:Light, paru au mois d’août. Sous l’écran, un autel où est étendu une forme humaine, drapée de noir.

Murray arrive en fin de chanson, arborant lunettes fumées au goût du jour, très «Blues Brothers fluo». L’allure opéra électro est bien réelle. À la pièce suivante, le visage de Lightburn sur écran et les flammes passent au ciel bleu, nuages compris. L’opéra semble alors plus solitaire que collectif, les anges et le moine satanique n’apportant pas grand chose au tout. En reculant l’écran et en faisant place à des musiciens sur scène, l’événement Mass:Light aurait gagné en substance, semblant moins artificiel que Lightburn qui tente de suivre l’enregistrement sonore de la musique.

Lightburn sort parfois de scène, bousculant les anges au passage, on ne sait pour quelle raison, et revient, souvent drapé d’un nouvel accessoire. Il arbore même pendant quelques pièces, un style «fantôme de l’opéra», après que le rideau eut repris sa place, à la mi-temps, sorte d’entracte inattendu.

Je ne sais pas si c’est parce que j’ai 30 ans et que je vieillis ou parce que je suis l’évolution des Dears depuis plus de 10 ans et que je vois encore Lightburn comme un génie, mais je m’attendais à mieux, à plus qu’un show de Cégep en spectacle, du moins. Peut-être suis-je plus exigeante qu’auparavant, mais la seule qualité des pièces de Lightburn n’a pas suffi à m’extasier, hier soir.

Cela dit, Lightburn était en voix et passionné. Son timbre était juste et puissant, rappelant tout son talent et son charisme. Vraiment impressionnant, dans cette Fédération ukrainienne, peu adaptée pour l’occasion. Les lumières de la section bar éclairaient beaucoup trop la salle qui elle, était à moitié pleine. Dommage de constater que peu de gens ont embarqué dans le délire de Lightburn. On les comprend cependant, après avoir vu le spectacle. «I don’t know what that was», a affirmé Lightburn, après la seconde tombée du rideau, que personne n’attendait et qui ne laissait pas vraiment croire qu’il s’agissait de la fin de la soirée.

Mais Murray Lightburn aura toujours une place de choix dans mon coeur de mélomane et cette tentative d’opéra électro gagnerait à être poussée plus loin. Les chansons sont bonnes, la voix de Lightburn est solide et l’idée de base est excellente. On peut élaguer les références au fantôme de l’opéra et à la dualité ange/démon, pour en faire un véritable coup de poing musical et théâtral. L’ajout de figurants, d’une chorale (on entendait à peine les choristes), de musiciens et d’un décor à la hauteur du concept pourraient facilement changer la donne et en faire un événement à ne pas manquer.

La table est pourtant mise pour le fameux film dont Lightburn parlait, récemment, en entrevue. À suivre, donc.

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Julie Ledoux

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